La Gazette

des Comores

Habari za udunga: Ouvrir le débat sur des nouvelles approches

Habari za udunga: Ouvrir le débat sur des nouvelles approches © : HZK-LGDC

Sous nos cocotiers, quelquefois, il n’est jamais bon d’avoir raison sur la masse. Et l’histoire du président Ali Swalihi est là pour nous le démontrer. En effet, nous sommes dans un pays où il est difficile de trouver quelqu’un, qui, sur une question donnée, vous avouera son ignorance. Il trouvera toujours une explication à vous proposer.


Vous lui demander pourquoi il fait si chaud, il vous répond que c’est à cause de la mode déshabillée de nos jeunes filles et il vous ajoutera qu’en principe il devrait faire plus chaud si l’on tient compte du degré de la dégradation des mœurs. Dans les iles de la lune, la parole a toujours été reine. Les maitres de la parole ont toujours fleuri un peu partout dans nos localités. Ce qui amenait le feu président Abdallah à faire sien l’adage : « la langue n’a pas d’os ».

 

Aujourd’hui le débat s’est focalisé sur les questions liées au bon fonctionnement de notre justice avec le sentiment partagé par un plus grand nombre de nos compatriotes que celle-ci a du mal à répondre à la demande des justiciables. Bien sûr, il y toujours cette question de moyens qui est bien réel mais est-elle la seule ? 

 

Montesquieu, disait dans l’Esprit des Lois que « lorsque, dans un gouvernement populaire, les lois ont cessé d'être exécutées, comme cela ne peut venir que de la corruption de la République, l'État est déjà perdu ». Aussi, il serait souhaitable que le chef de l’Etat, qui est le garant de l’indépendance de la justice, prenne la mesure du fossé qui se creuse entre l’opinion et l’institution judicaire. Les violences faites aux femmes et aux enfants ne doivent pas être résolues par le seul fait d’adhésion à des conventions. Il faut donner à la justice les moyens de fonctionner sans entraves.

 

Le sentiment d’impunité semble devenir la règle numéro un dans ce pays. Par ailleurs, l’arrogance et le mépris sont devenus les concepts sur lesquelles certains puisent leur force oubliant au passage qu’un pouvoir ne dure qu’un temps, le temps d’un instant, diraient certaines mauvaises langues.

 

Il serait temps d’admettre là où nous avons failli et d’ouvrir le débat sur de nouvelles approches pour un développement au service du pays. Si nous en avons à cœur cela, les moyens pour y arriver ne nous ferons pas défaut. À moins de vouloir rester dans « lebotsi no Msetro », pour encore un bout de temps !

 

Notre drame est que les multiples leaders sous les cocotiers ont décidé de faire siennes ces paroles d’un personne de Jean Cocteau : « Puisque ces mystères m’échappent, feignons d’en être l’organisateur». Et dans ce contexte pour beaucoup de nos compatriotes, notre pays demeure un grand mystère.

 

Mmagaza

 


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