Investies dans le cadre de la décentralisation d’une mission d’organisation de la filière de gestion des déchets urbains depuis l’amont (pré-collecte) jusque l’aval (traitement, valorisation), les collectivités locales des pays en développement comme aux Comores, peinent souvent à instaurer une gestion durable et complète de ce service.
Pour expliquer leurs difficultés, le manque de moyens financiers ainsi que le manque de compétences techniques des collectivités sont les arguments le plus souvent avancés. Et si un des problèmes à la base, était surtout une absence de volonté politique affirmée ? Il est reconnu par les professionnels que le secteur des ordures ménagères a également besoin d’une volonté politique forte au niveau national.
En effet, seule la volonté politique d’un gouvernement national est en mesure de poser un cadre de référence notamment les objectifs et la stratégie nationale pour la gestion des ordures ménagères qui permet ensuite de mobiliser les financements nécessaires pour la mise en place de filières de gestion des ordures ménagères.
Chez nous, des dizaines d’études ont été diligentées et des multiples rapports ont été rédigés. Et des initiatives ont été lancées mais ont toujours été stoppées en chemin faute de cette mauvaise volonté politique dont tout le monde parle tant. Il faut bien l’avouer ce n’est que dans l’urgence que les autorités font toujours semblant de découvrir l’ampleur du problème.
Il revient donc aux praticiens et experts du secteur de devenir également militants et vulgarisateurs à destination des politiques. Être capables de devenir des acteurs de plaidoyer pour convaincre les décideurs politiques que les financements qu’ils consentiront à mobiliser pour les ordures ménagères sont des investissements à forte rentabilité sociale, sanitaire, environnementale et économique.
L’office des gestions des déchets nouvellement, s’il ne prenait pas en compte les éléments cités plus haut, pourrait se muer en un projet comme parmi tant d’autres avec sa cohorte d’employés et qui fonctionnera tant que des financements extérieurs seront disponibles.
Aujourd’hui plus qu’hier, la question des décharges est un problème qui doit être pris au sérieux par l’ensemble des acteurs concernés, dans la mesure où il a toujours constitué le talon d’Achille, dans la gestion pérenne des déchets.
Et cette fois, encore, les regards se tournent vers l’État pour lui demander de jouer un rôle plus actif qu’il ne l’a fait auparavant. Il est admis par tous, que si les choses restent en l’état, nous courons le risque un jour d’une catastrophe sanitaire.
Même si dans les îles de la lune, nous avons la fâcheuse tendance à tout remettre sur le compte de la fatalité même ce qui nous tombe sur la tête par notre propre faute.
Mmagaza
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