La Gazette

des Comores

Habari za udunga Les ‘’Je viens’’, comme une peau de chagrin

Habari za udunga Les ‘’Je viens’’, comme  une peau de chagrin © : HZK-LGDC

Comme tous les ans pendant cette période de vacances, nos compatriotes de l’extérieur débarqueront dans les îles de la lune avec moult colis et des euros bien frais. Et comme chaque année, chacun y va de son analyse sur l’apport de la diaspora dans l’économie du pays. Entre les chiffres que donne la Banque Centrale et ceux du Commissariat au plan, certains ont le tournis.


Et chacun de s’interroger sur les circuits qu’emprunte cette manne financière, qui la plupart du temps, s’évanouit dans les méandres du Anda na Mila. A Ngazidja où la majorité des je viens s’agglutinent, le problème mérite d’être posé à nos candidats. En effet tous les analystes conviennent que cette manne est appelée à tarir, dans la mesure où la majorité de nos émigrés deviennent avec le temps des immigrés. Et l’on commence à compter dès à présent à parler en termes de première et seconde générations.

 

Et comme nous le savons, les petits ‘’je viens’’ ont du mal à comprendre comment nous fonctionnons. Ils ont commencé à s’interroger sur la façon dont nos us et coutumes sont devenus des machines à pomper des sous plutôt qu’à servir à des investissements pour le futur. Ils ont du mal à voir des îles aussi belles se transformer en dépotoirs. Ils ont du mal à voir leurs aînés se transformer en des prédateurs des deniers publics. Ils ont du mal à voir que le travail a perdu de sa valeur au profit du verbe et de la rhétorique.

 

Et on pourrait continuer la litanie jusqu’à l’infini, qui fait qu’à la longue, la manne de la diaspora se rétrécira comme une peau de chagrin car les jeunes n’auront pas la foi des aînés envers les îles de la lune. Le débat qui a fait jour ces derniers temps sur les réseaux sociaux vont un peu dans ce sens.

 

Et pourtant, on ne répétera jamais assez, ce pays a les moyens de s’en sortir, tant les capacités à tous les niveaux sont là. Il nous manque encore cette vision du futur. Celle qui permet aux uns et aux autres de transcender les clivages et les obstacles de tous ordres, pour avancer d’un même pas vers une direction commune. Tout au contraire, nous excellons dans l’art de la division et de la surenchère. Chaque Vizir voulant être calife à la place du calife. Le pays semble être devenu un vaste bangwe où chacun y vient pour faire sa prose, comme monsieur Jourdain faisait de la poésie sans le savoir. Nos hommes politiques sont comme ce personnage de Molière.

 

 

 


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