La Gazette

des Comores

Habari za udunga Les valeurs de base

Habari za udunga Les valeurs de base © : HZK-LGDC

Avons nous une façon à nous, de penser, de percevoir le monde, de sentir ce qui nous entoure, nous qui vivons dans les îles de la lune ? Ces questions nous nous les posons dans les moments de doute.


En effet, à chaque fois que nous faisons face à un problème, les gens sont consternés par la démarche que nous adoptons pour le résoudre. Il nous faut faire des longs détours, faire des multiples allers et retours et voir à la fin s’il n’y a pas moyen de le contourner. Bref nous nous adonnons à toute une gesticulation intellectuelle avant de nous décider à aller au fond des choses. Ces derniers temps, une réflexion semble s’engager sur l’idée que nous nous fonctionnons exclusivement sur la base des schémas d’organisation qui nous viennent de l’extérieur et que nous appliquons la plupart du temps les yeux fermés. N’étant ni anthropologue, ni ethnologue et encore moins politologue, nous nous contentons de jouer les observateurs engagés si chers à Raymond Aron. Nous nous rendons de plus en plus compte le plus souvent que ces modes d’organisations venant de l’extérieur sont le plus couramment accompagnées de la carotte et du bâton.

 

L’adoption des changements venant de l’extérieur ignore souvent le mode d’organisation traditionnel de nos sociétés qui recèlent des modes de gestion spécifiques qu’il convient de temps à autre, de prendre en compte. Loin de nous l’idée de rejeter tout modernisme, ce que nous déplorons, c’est la léthargie qui semble avoir gagné nos chercheurs et grands penseurs en sciences sociales. Et sur ce chapitre il convient de saluer le travail de Damir Ben Ali dans ce domaine.

 

Cependant, l’on se rend compte que le chemin qu’il a essayé de baliser a été très peu suivi à ce jour par nos chercheurs locaux. Nous sommes en droit de nous interroger sur tout ce qui a été fait depuis l’indépendance. Combien de constitutions avons nous élaborées ? Combien d’accords sur nos désaccords avons nous signés ? Combien d’engagements locaux et internationaux avons nous souscrits ? Combien de discours de bonnes intentions avons nous rédigés et prononcés ? Combien de serments sur le Saint Coran avons nous prêtés ?

 

Nous avons à combattre une maladie infantile qui fait croire qu’il y aura toujours un bon génie qui viendra nous sortir de notre trou. Il est temps de sortir des sentiers battus et de faire œuvre utile en prenant à bras le corps les problèmes concrets du pays. Puissions nous avoir un peu de mauvaise conscience pour essayer de donner le meilleur de nous‐mêmes aux îles de la lune ? Dans les îles de la lune, on se rassemble beaucoup plus sur la base d’affinités momentanées que sur des principes ou de valeurs. Ne parlons pas des normes, qui sont le dernier de nos soucis. Or les habitants des îles de la lune ont droit au respect en tant qu’êtres humains doués de … raison face à ce monde devenu si déraisonnable.

 

Nous savons que dans les îles de la lune, les gens s’accordent plus sur ce qui touche au court terme. Et comme toujours, nous avons tendance à penser que les uns et les autres sont manipulés par quelques mains étrangères. Même si cette explication n’est pas en soi, dénuée de tout fondement. Nous devons reconnaître que nous sommes passés maîtres dans l’art de créer des situations surréalistes. Nous avons acquis cette capacité extraordinaire de nous muer nous‐mêmes en notre propre adversaire. Nous refusons tout simplement de nous appliquer les lois que nous élaborons. Nous voulons vivre sans véritable contrat social. Tout part de là !

 

Mmagaza

 


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