Comme tous les ans pendant cette période des vacances, nos compatriotes de l’extérieur débarqueront dans les îles de la lune avec moult colis et des euros bien frais. Et comme chaque année, chacun y va de son analyse sur l’apport de la diaspora dans l’économie du pays. Entre les chiffres que donne la Banque Centrale et ceux du Commissariat au plan, certains ont le tournis. Et chacun de s’interroger sur les circuits qu’emprunte cette manne financière, qui la plupart du temps, s’évanouit dans les méandres du Anda na Mila. A Ngazidja où la majorité des je viens s’agglutinent, le problème mérite d’être posé.
En effet tous les analystes conviennent que cette manne est appelée à tarir, dans la mesure où la majorité de nos émigrés deviennent avec le temps des immigrés. Et l’on commence à compter dès à présent à parler en termes de première et seconde générations.
Et comme nous le savons, les petits ‘’je viens’’ ont du mal à comprendre comment nous fonctionnons. Ils ont commencé à s’interroger sur la façon dont nos us et coutumes sont devenus des machines à pomper des sous plutôt qu’à servir d’investissements pour le futur.
Ils ont du mal à voir des îles aussi belles se transformer en dépotoirs. Ils ont du mal à voir leurs aînés se transformer en des prédateurs des deniers publics. Ils ont du mal à voir que le travail a perdu de sa valeur au profit du verbe et de la rhétorique. Et on pourrait continuer la litanie, qui fait qu’à la longue, la manne de la diaspora se rétrécira comme une peau de chagrin car les jeunes n’auront pas la foi des aînés envers les îles de la lune.
Et pourtant, on ne répétera jamais assez, ce pays a les moyens de s’en sortir tant les capacités à tous les niveaux sont là. Il nous manque toujours cette vision du futur. Celle qui permet aux uns et aux autres de transcender les clivages et les obstacles de tous ordres pour avancer d’un même pas vers une direction commune. Tout au contraire, nous excellons dans l’art de la division et de la surenchère. Chaque Vizir voulant être calife. Le pays semble être devenu un vaste bangwe où chacun y vient pour faire sa prose, comme monsieur Jourdain faisait de la poésie sans le savoir. Nos hommes politiques sont comme ce personnage de Molière. Et c’est là, où le bat blesse.
Même si on peut, de temps à autre, avoir l’impression que les choses tournent rond, ce n’est qu’une illusion d’optique. Nous sommes les champions, quand il s’agit d’agir dans l’urgence. Ce que sera demain, nous importe peu. Mais, nous ne nous lasserons jamais de le répéter, nos îles recèlent les ressources humaines indispensables pour bâtir un avenir meilleur pour ses enfants. Nous avons les capacités dans plusieurs domaines pour relever le défi du développement. Il est donc à craindre qu’à force de tirer « la corde de fumée », nous ne finissions par tirer le diable par la queue. Et ce sera, bonjour les dégâts !
Mmagaza
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