« Kayiri komba bi raha na wuso mrupvu » ! littéralement, on peut traduire par « Vaut mieux, un visage un peu maquillé, qu’un visage sans maquillage ». J’ai un ami qui me dit souvent que s’il se trouvait en face de la personne à l’origine de cette expression, il l’étranglerait volontiers sans problème dans la mesure où il pense que l’origine de nos malheurs vient précisément de cet adage pour refuser de se plier au moindre effort. « Ye rika ndahu ! » Entend-on dire souvent pour justifier notre façon un peu brouillonne de fonctionner.
On nous accuse à tort ou à raison de n’avoir pas de suite dans les idées, de nous contenter du peu que nous avons, en fait, de ne pas être cartésien comme nos cousins très éloignés de l’autre bout du monde. Un esprit fataliste assumé. On peut se demander pourquoi, quand nous entreprenons quelque chose nous avons un mal fou à en définir les tenants et les aboutissants ? Nous donnons l’impression de manquer de vision que ce soit pour le court, le moyen, ne parlons pas du long terme.
Serions-nous bons seulement pour tout ce qui touche au monde immatériel ? N’aurions-nous pas les capacités intellectuelles pour réfléchir sur le devenir de nos sociétés ? Quels sont nos handicaps mentaux si l’on peut oser cette terrible question ? Les exemples sont légion qui montrent que nous nous contentons de ce que nous obtenons sans le moindre effort, même si dans une chanson d’un de nos artistes, il est dit que « yizo wuziwono ndziro ndezedza mana » que l’on pourrait traduire par « Est difficile ce qui est utile ».
Nous n’aimons pas nous formaliser car ce qui nous intéresse ce de pouvoir changer de point de vue à la moindre occasion. Aujourd’hui c’est blanc, demain ce sera noir, il n’y a pas de quoi faire une maladie comme chantait l’autre. Et, après-demain ce sera quoi ? Tout le tralala sur les couleurs du drapeau a été révélateur de ce comportement. A chaque régime, on change de constitution, avec comme toujours, le même argument, assené comme un coup de massue : « ce n’est pas le coran « !’ Et patati ! et patata…
Peut-être qu’avec le temps, ceux qui viendront après nous, auront acquis et assimilé les notions fondamentales qui consistent à se plier à des règles que nous avons nous-mêmes instituées. Ce cher contrat social, cher à Rousseau. En attendant, contentons-nous de vivre à l’air du temps, le temps qui va…
Mmagaza
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