La Gazette

des Comores

Habari za udunga: Le chant des ténèbres

Habari za udunga: Le chant des ténèbres © : HZK-LGDC

Il n’est pas rare de trouver quelqu’un pour vous dire qu’il ne croit plus à la politique et à plus forte raison aux politiciens. Dans les iles de la lune, il est en effet difficile de se faire une idée précise sur les positions défendues par les uns et les autres au sein du microcosme. La notion de droite et de gauche, si familier pour ceux qui suivent les événements chez « Maitre Paul », la métropole, si chère aux habitants des colonies, ne semble pas dire grand-chose chez nous.


Nous écrivons souvent, qu’ici, on entre en «politique» par un concours de circonstances. Les partis politiques qui ont essayé de se maintenir contre vents et marées ne représentent pas grand monde en électorat. En effet, depuis l’indépendance c’est le parti présidentiel, du moment, qui a le vent en poupe. Une des idées répandues dans les iles de la lune, est que ce sont les cadres et les intellectuels qui sont la cause de tous nos malheurs. Une idée des plus fallacieuses, quand nous savons que ces cadres et ces intellectuels ont toujours été à la solde des idées de la rue et des féodaux qui peuplent nos villes et campagnes.

 

Jamais les idées de lumières n’ont pu être mises en pratique. Par exemple quand un jeune frais et émoulu de l’Université débarque avec ses parchemins, il lui faut, le plus souvent, faire appel aux hommes en écharpe pour débusquer un poste dans la fonction publique. Pour en revenir à la politique, nous savons que nos concitoyens ont appris à jongler avec nos leaders sous les cocotiers. Le combat d’idées semble être laissé au profit de ceux qui ont quelque chose à donner, les entrepreneurs par exemple.

 

Cependant, il arrive quelquefois qu’ils émettent un vote sanction, sans en mesurer bien sûr les conséquences pour la suite. Toutefois, il serait malhonnête de dire que nos politiques sont tous pourris. Beaucoup d’entre eux nourrissent des grandes choses pour le pays. Le hic est que notre population a vécu ces quatre décennies beaucoup d’événement qui le rende plus que méfiante face aux promesses sans lendemain.

 

Et pourtant à ne rien faire, on peut arriver à croire qu'il n'y a rien à faire, disait quelqu'un quelque part. Chez nous, sous le soleil, que certains nous envient tant, nous avons toutes les peines du monde à nous mettre d'accord sur le chemin à prendre, pour une destinée, qui ne peut-être, que commune.

 

Et malgré cela, le peuple ne demande qu’à croire ce qui lui semble bon pour l’avenir du pays et de ses enfants. C’est pourquoi vous le verrez toujours assister enthousiaste à certains meetings. On dit souvent que le rêve est le propre de l’homme. Mais le fait est que l’on peut rêver un moment mais on ne peut pas rêver éternellement.

 

Car même si les temps sont difficiles, on se permettra de rappeler ces paroles de Bertolt Brecht : « Au temps des ténèbres, chantera-t-on encore ? Oui, on chantera le chant des ténèbres ! ».

 

Mmagaza

 


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