La Gazette

des Comores

Habari za udunga: Le basculement de nos idées généreuses de solidarité

Habari za udunga: Le basculement de nos idées généreuses de solidarité © : HZK-LGDC

Dans nos îles de la lune, nous écrivons souvent que nous excellons dans l’art de cultiver le superflu. Et qu’il y a quelque chose d’insaisissable dans notre manière de vivre, dans certains de nos comportements et surtout dans les paroles que nous débitons à toute heure du jour et de la nuit.


Dans un livre tiré de sa thèse en anthropologie : « Le pouvoir de l’honneur », l’actuel ambassadeur de l’Union des Comores en Suisse a fait une analyse pertinente des rapports sociaux à Ngazidja sous le prisme du grand mariage que d’aucuns appellent le Grand Mirage vu les déconvenues et les désillusions qui l’accompagnent le plus souvent. Dans la même lignée, il serait intéressant qu’un jour, nos sociologues, ethnologues et autres politologues sous les cocotiers se penchent sérieusement sur la question du Pouvoir dans les iles de la lune et essayent d’analyser où se situent les blocages, qui font que nous nous complaisons dans cette situation qui en apparence, nous donne l’impression d’avancer alors que nous faisons du sur place. Situation à l’image du‘’Djaliko’’ cette danse où l’on fait un pas en avant et deux pas en arrière.

 

Tous les analystes de tous bords et de tous poils reconnaissent la forte demande sociale qui émane de la base. Or cette demande ne peut être satisfaite par des considérations purement politiques pour ne pas dire politiciennes. Le bon peuple veut toucher du concret. La pauvreté n’est plus le concept abstrait des rapports des honorables institutions internationales. Cette pauvreté qui ne veut pas dire son nom dans les îles de la lune, s’infiltre insidieusement sous les portes de nos villes et villages et cassent les structures familiales même les plus solides. Et c’est elle, qui conditionne les comportements des uns et des autres et le basculement de nos idées généreuses de solidarité et d’entente que l’on croyait éternelles sans les cœurs de nos communautés.

 

Il faut reconnaître que la plupart des paramètres sont brouillés et plusieurs inconnues subsistent. Or, la plupart de nos politiciens a tendance à examiner le monde dans lequel nous évoluons à l’aune de ses propres sentiments, ce qui est louable mais insuffisant pour se diriger dans la mer agitée que nous traversons.

 

Qu’on se le dise, nos minuscules îles ne représentent pas grand-chose pour le moment dans l’échiquier géostratégique. Pour rappel, notre continent ne représente que moins de 2% du commerce mondial. Qu’est-ce que nous représentons en termes d’intérêts politico-économico-stratégiques ? En quel sens nos gesticulations influencent-elles le cours des évènements dans notre région ? On imagine déjà le grand charivari, quand va se poser la question de la gestion des hydrocarbures. De quelles marges de manœuvres bénéficions-nous quant à nos prises de décision dans la mesure où nous savons que nos pays sont sous perfusion des institutions internationales ?

 

Il serait peut-être temps de réfléchir sur notre adhésion sur les fondements de nos institutions. Pour que la volonté populaire ne soit plus l’otage d’intérêts cachés, il requiert de notre part d’exiger plus de transparence dans la gestion des biens publiques.

 

Mmagaza

 


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