Dans les îles de la lune, le concept « équilibre » figure parmi les mots le plus usité par le microcosme. En effet, depuis 1978, il fait partie de la panoplie du discours de tout « bon »politicien sous les cocotiers. Si à un certain moment, il a pu aider à trouver des compris dans le jeu subtile de la classe politique, il faut se dire qu’à certains autres moments, des opportunistes s’y sont glissés insidieusement pour se fondre dans le moule et ils sont devenus au fil du temps des spécialistes respectés dans ce jeu d’équilibre, instable cela va de soi.
Cet équilibrisme, tous azimuts, constitue, peut être, un des éléments de notre instabilité actuelle. Aussi, à force de vouloir à tous prix trouver un équilibre insulaire dans la gestion de l’Etat, on avait occulté l’aspect le plus important, qui est la constitution d’équipes capables d’impulser des véritables stratégies de développement en dehors des contextes purement insulaires. Chez nous, la politique est conçue uniquement sous l’angle d’un partage de prébendes, postes dans les différentes administrations et de marocains ministériels. Peu importe si les routes partent en lambeaux, si l’eau a du mal à coule pas sous les robinets dans beaucoup de localités, si la fée Orphée se fait toujours désirer de temps à autre, si les agents de l’État ne sont pas payés qu’au minimum près, si les bâtiments administratifs sont dans un état d’abandon, bref l’essentiel, c’est que chacun puisse y être casé quelque part dans l’attente de jours meilleurs.
Pourtant, le temps est venu pour nous d’admettre là où nous avons failli et d’ouvrir le débat sur de nouvelles approches pour un développement au service du pays. Si nous en avons à cœur cela, les moyens pour y arriver ne nous ferons pas défaut. À moins de vouloir rester dans « lebotsi no Msetro », pour encore un bout de temps !
Dans les îles de la lune, en plus du nombrilisme aigüe, qui nous fait croire que nous sommes au centre du monde, il nous faut malheureusement ajouter cette politique politicienne qui est devenue une véritable maladie que certains appellent la « politïte ». Une classe politique toujours en embuscade pour donner quelques coups médiatiques, de temps en temps, mais sans véritables projets de société face au régime en place.
Cette « politïte » semble être devenue endémique, comme le palu qui est en nous. Son éradication est problématique. Que faire ? Doit-on continuer à regarder l’incompétence prendre le pas sur le mérite ? Doit-on continuer à voguer au gré des marchands d’opportunités politiques ? Les choix ne sont plus nombreux et il nous appartient à toutes et à tous de refuser de baisser les yeux face à notre indifférence ! Les enfants d’aujourd’hui, les adultes de demain pourraient ne pas nous comprendre. Et c’est un doux euphémisme.
Mmagaza
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