J’ai l’habitude de rappeler dans ces colonnes, cette histoire d’un vieux de notre quartier, qui, à chaque fois que nous abordions les mille et un problèmes des îles de la lune, nous rétorquait par ces mots : Comment voulez-vous résoudre un problème avec des gens qui marchent « tête en bas ? ».
Cette approche avait le mérite de mettre les choses à l’endroit, si l’on peut se permettre cette expression. En effet, quelque soit le jugement que l’on peut avoir, on se doit à la lumière de ce que nous vivons depuis plus de quatre décennies, se dire qu’il avait raison avec son raisonnement à l’envers.
En termes de gouvernance, on est passé progressivement de la situation coloniale à une situation où on est dirigé par des préceptes issus du discours technocratique des institutions internationales. Avec tout ce que cela comporte d’effets collatéraux. Il n’y a pas si longtemps, le Fmi avait fait un mea culpa sur ses analyses relatives aux fameux ajustements structurels. Il est inutile de rappeler ici les effets désastreux des programmes économiques mis en œuvre par les pays pauvres et ‘’dictés’’ par ces honorables institutions.
Sans pour autant dédouaner nos dirigeants sur les responsabilités qui sont les leurs, on devrait demander à ce qu’une évaluation soit faite, sur la part des propositions issues des responsables de nos pays dans l’élaboration de ces programmes. On peut toujours effacer nos dettes mais sans le développement de nos capacités à mobiliser des ressources sur la base de programmes cohérents nous serons toujours voués à tourner en rond en attendant les prochaines générations pour une autre ronde.
Nos responsables devraient recentrer les actions de l’État dans ses prérogatives régaliens et donner des signaux forts aux responsables techniques des différents départements quant aux compétences qui leurs sont dévolues. Il s’agit en fait d’éviter de perdre encore des années au lieu d’avancer dans le renforcement de certains acquis.
L’État comorien doit se donner les moyens de ses ambitions et pour cela, la définition d’objectifs opérationnels à moyen terme est un impératif. Sinon le risque est grand de passer notre temps à éteindre des feux de brousse que certains pyromanes de la politique politicienne se font un malin plaisir à allumer ici et là dans l’objectif inavoué de disperser les efforts de l’État.
Il convient donc que chacun ait à l’esprit que la politique est une question de rapport de forces. Et ce qui compte avant tout, c’est la force morale, celle d’aller de l’avant face aux incertitudes et aux vicissitudes de la vie.
Les domaines d’intervention ne manquent pas, que ce soit la place de notre pays face aux enjeux géopolitiques, la crise sanitaire et ses répercussions sur le devenir de notre jeunesse, quelle politique énergétique impulser?, la place centrale de notre diaspora dans le processus de développement tant économique, culturel et artistique. Sans oublier, les disparus du fameux visa de la mort.
Comme on peut le constater autant de pistes qui exigent que nous avancions des propositions concrètes. Au lieu de cela, nous nous enfermons chaque jour dans des débats stériles et donc nous détenons le terrible secret. Et comme le chante si bien Boule des îles : « Madjitso wo hudja hazila wa tsuloleya ».
Mmagaza
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