La Gazette

des Comores

Habari za udunga: Derrière notre petit doigt

Habari za udunga:  Derrière notre petit doigt © : HZK-LGDC

Parmi les reproches que les gens font aux habitants des îles de la lune, l’une d’elle revient souvent comme un leitmotiv, à savoir : leur fatalisme légendaire. Tout est écrit et personne ne peut échapper à son destin, on nous montre les cinq doigts de la main pour nous signifier que l’égalité tant rêvée n’est que de la poudre aux yeux.


Autant d’images symboliques pour perpétuer un ordre que les gouvernants ont de tous temps voulu imposer à la société. Avec tout ce qui nous tombe sur la tête, on peut se demander si nous arrivons à appréhender tous les problèmes dans leur vraie dimension ? Il ne s’agit pas de jouer chaque fois les âmes courroucées face à l’adversité mais d’agir comme citoyen, tout simplement. Il faudrait que l’ensemble de la société prenne conscience de ce qui fait son fondement et examine les principes et les valeurs de base qui la sous-tend. L’arrogance des uns et l’irresponsabilité des autres sont devenues le moteur qui nous guide depuis un petit bout de temps. Les habitants des îles de la lune ont droit au respect en tant qu’êtres humains doués de raison face à ce monde devenu si déraisonnable.

 

De ce fait, nous devons de temps à autre faire jouer notre mauvaise conscience face à nos lâchetés et à nos peurs. Nous ne pourrons pas toujours nous réfugier derrière notre petit doigt pour laisser le soin aux autres de décider à notre place et pouvoir ensuite se donner bonne conscience (yempvwa didike mindjakaya yapvo !).

 

Si face à un monde où les bouleversements se succèdent à un rythme effréné nos compatriotes s’interrogent, il n’y a rien à redire. Mais le pays étant ce qu’il est, tout le monde baigne dans un scepticisme ambiant et le fatalisme est devenu une seconde nature en nous. Comme disait l’autre : « Commençons à avoir honte » et adoptons une démarche citoyenne en prenant part aux affaires de la cité.

 

Nous devons reconnaître que nous sommes passés maîtres dans l’art de créer des situations surréalistes. Nous avons acquis cette capacité extraordinaire de nous muer nous-mêmes en notre propre adversaire. Car à examiner les choses de près, nous ne voyons pas d’ennemi déclaré et clairement identifié. Nous refusons de nous appliquer les lois que nous élaborons à coup de déclarations intempestives. Nous voulons simplement vivre sans véritable contrat social.

 

Il serait, peut-être temps, de réfléchir sur notre adhésion sur les fondements de nos institutions pour que la volonté populaire ne soit plus l’otage d’intérêts cachés, il requiert de notre part d’exiger plus de transparence dans la gestion des biens publics. Toute autre chose, ne sera que pure littérature.

 

Mmagaza

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.