La Gazette

des Comores

Habari za udunga: Au centre d’enjeux qui les dépassent

Habari za udunga: Au centre d’enjeux qui les dépassent © : HZK-LGDC

Les habitants des iles de la lune ne savent plus à quel saint (cheikh) dans les débats qui se mènent dans l’ile de Maoré pour en faire une base arrière autour de l’énorme projet gazier du Mozambique et le montage de projets entre des partenaires aux contours plus que flous.


Nous avons rappelé une fois que la pointe de Nioumachouoi dans l’île de Mwali, est à 350 km de la ville de Pemba dans la province de Cabo Delgado au Mozambique voisin, région riche en gaz naturel dont l’exploitation génère beaucoup de tensions politiques et sociales. Pour notre pays, il n’est plus à cacher que ces ressources existent aussi dans nos eaux territoriales et pourraient même se trouver sous nos frontières maritimes avec le Mozambique. Le gouvernement a-t-il analysé cette situation vis-à-vis de ce projet et est-il conscient des effets collatéraux potentiels ? On peut espérer que le récent voyage du président dans ce pays marque un tournant dans ce dossier.

Nous l’écrivons souvent, les iles de la lune même si elles se prennent de temps en temps comme étant le centre du monde, ont toujours été à la remorque d’intérêts qui les dépassent dans la mesure où le monde actuel est constitué de blocs dont on a le plus grand mal à définir les contours.

L’ancienne puissance tutrice comme aimait à l’appeler le Mongozi, a toujours su manœuvrer pour mettre ses pions là où il faut. C’est ainsi que la lutte contre les djihadistes dans la région est une raison avancée par la France pour renforcer sa présence militaire dans la zone. Pour les analystes, il est néanmoins fort probable que l’intérêt « bien compris » de ce pays réside dans la Zone d’Exclusivité Économique (ZEE).

En effet, la convention internationale de Montego Bay autorise en effet un pays à contrôler les ressources d’un espace maritime de 200 milles nautiques au large de ses eaux territoriales. Cette réglementation lui permettrait donc de contrôler un espace maritime de 425 000 km2, soit deux tiers du Canal du Mozambique. Les textes sont peu clairs sur la délimitation des ZEE entre des territoires situés à moins de 400 milles nautiques, ce qui est le cas pour l’ensemble des parties en présence dans le Canal du Mozambique.

Il faut aussi le reconnaitre, nous avons été toujours avares d’initiatives hardies. N’oublions pas que dans cette histoire de pétrole notre positionnement géographique devrait nous amener  avoir les cartes en mains pour éviter de nous trouver en portes à faux avec les grands voisins de la région. En effet, nous sommes considérés, à tort ou à raison, comme étant le maillon faible dans la zone. Aussi nos choix doivent nous amener à adopter une capacité à plier sans casser, à l’image du roseau de la Fontaine.

Notre microcosme sous les cocotiers et notre classe dirigeante ne devraient pas oublier ces paroles de Jean-Jacques Rousseau qui a écrit dans son livre « Le Contrat social » ceci : « Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, à moins qu’il ne transforme sa force en droit, et l’obéissance en devoir ».Et malheureusement c’est ce qui se passe tout le temps.

Nous disons souvent que tout cela demande de renouveler la manière dont nous concevons la politique. En renouvelant notre façon d’aborder les problèmes, cela nous amènera inéluctablement à soulever toutes sortes de questionnements sur cette fuite en avant qui ne dit pas son nom.

 

Mmagaza

 


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