« Une république est difficile à gouverner, lorsque chacun envie ou méprise l’autorité qu’il n’exerce pas. » Saint‐Just.
J’ai l’habitude de rappeler dans ces colonnes, cette histoire d’un vieux de notre quartier, le vieux Adili, qui, à chaque fois que nous abordions les mille et un problèmes des îles de la lune, nous rétorquait par ces mots : Comment voulez-vous résoudre un problème avec des gens qui marchent « tête en bas ? ».
Cette approche avait le mérite de mettre les choses à l’endroit, si l’on peut se permettre cette expression. En effet, quelque soit le jugement que l’on peut avoir, on se doit à la lumière de ce que nous vivons depuis plus de quatre décennies, se dire s’il n’avait pas tort avec son raisonnement à l’envers.
En termes de gouvernance, on est passé progressivement de la situation coloniale à une situation où on est dirigé par des préceptes issus du discours technocratique des institutions internationales. Avec tout cela comporte d’effets collatéraux. Personne n’ignore la violence symbolique des mots.
Mais chez nous cette violence s’accompagne d’une certaine mauvaise foi qui trouve un écho dans notre tradition orale. Dans les îles de la lune nous avons trop tendance à nous occuper de notre nombril, oubliant la plupart du temps que nous faisons partie d’un ensemble, d’un monde qui se globalise.
On dit souvent que ceux qui sont allés étudier à l’extérieur, quand ils reviennent au pays, leur « disque dur » se formate et ils reprennent à leur compte les travers qu’ils dénonçaient au moment de leurs études. Dans le temps, on disait que les bonnes idées qui animaient ceux qui rentraient au pays, sombraient au fond de l’eau avec l’ancre du bateau accostant au port.
Il convient donc que chacun ait à l’esprit que la politique est une question de rapport de forces. Et ce qui compte avant tout ici, c’est la force morale, celle d’aller de l’avant face aux incertitudes et aux vicissitudes de la vie.
Tout le monde s’accorde à dire que la stabilité et la paix civile sont les conditions sine qua non pour attirer les investisseurs. Or à y regarder de près, on ne sent pas beaucoup de volonté de part et d’autre pour créer ces conditions. Ceci soulève bien des questions sur le sens que certains donnent à l’engagement politique. Il est temps d’admettre que notre pays est dans une situation qui exige que tous ses enfants prennent la mesure de leurs déchirements.
Pour une très large part, l’état dans lequel se trouve le pays trouve son origine dans notre absence de mauvaise conscience. C’est cette dernière qui en principe amène les hommes et les femmes à s’interroger sur la conséquence de leurs actes et en tirer des leçons. C’est dans ce contexte qu’hier à Mitsamiouli, le chef de l’Etat a fait le parallèle entre nous et des pays de la région comme Maurice et les Seychelles pour montrer que la voie du développement est possible.
Pour cela, nous devons refuser de nous enfermer chaque jour dans des débats stériles dont nous détenons le terrible secret.
Mmagaza
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