Un expatrié sur le point de partir des îles de la lune, a, au cours d’un pot d’adieu, eut ces mots qui résument bien notre pays. Il disait entre autres choses que les Comores étaient à la fois passionnantes et désespérantes. Ces deux concepts synthétisent en effet assez bien les caractéristiques majeures de la vie dans les îles de la lune. De prime abord, quand l’étranger débarque chez nous, il a quelques appréhensions, dans la mesure où de l’extérieur nous ne pouvons pas dire que nous avons bonne presse.
Les coups d’état, les coups tordus et autres crocs en jambe sont présentés à tort comme l’apanage de notre pays. Cette image de sultans batailleurs qui nous colle à la peau est cependant loin de correspondre à la réalité. Et pourtant, il nous faut savoir que dans le monde surmédiatisé par les l’Internet et les réseaux sociaux dans lequel nous vivons, les faits les plus minimes prennent un poids considérable, vus de l’extérieur. Le problème est que nous ne semblons pas prendre la mesure des impacts négatifs que tout cela représente pour nos minuscules îles.
Les assises qui viennent de se dérouler même si elles sont loin d’apporter la réponse aux maux qui nous accablent peuvent être un point de départ pour un sens civique qui nous manque.
En effet, quand chaque nouveau chef d’état veut changer la constitution existante, lui qui devait être le premier à la respecter, il y a de quoi être sceptique
Les habitants des îles de la lune savent pertinemment que ce n’est pas en changeant X par Y, que l’équation du sous-développement actuel sera résolue. Avant même de chercher des explications de cette situation en termes de manque de moyens financiers, déficit d’organisation, de carences au niveau des structures publiques et autres errements des dispositifs induits par les bailleurs de fonds et autres raisons à dormir debout. Il faudrait impulser une véritable révolution des structures mentales dans lesquelles nous évoluons depuis des décennies en voulant vivre dans le confort sans l’effort.
En acceptant de vivre au dessus de nos moyens, nous ne faisons que prolonger notre mal-vivre. L’autre jour, un « je-viens » me demandait comment nos compatriotes arrivent à tenir le coup avec le niveau de vie actuel ? Je lui ai dit que sincèrement je n’en savais rien et que si j’avais la réponse, je serai peut-être à sa place, posant la même question.
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