Cet adage est plus que d’actualité dans cette dernière ligne droite des élections présidentielles. Comme d’habitude et en pareilles circonstances dans les iles de la lune, les alliances et autres regroupements de toutes natures, font les choux gras d’une opinion publique en mal de sensations.
Entre le « Soleil » qui s’est divisé en trois morceaux d’importance inégale, cela va de soi et les autres candidats avec des pourcentages qui vont de 0 à 5, les commentaires vont bon train sous les cocotiers.
Partout, ces regroupements signent des accords et autres déclarations sur les engagements des uns et des autres en cas de victoire finale. Et pourtant tout le monde connait la valeur de ces parchemins dans notre pays. La constitution elle-même, ne manque pas d’être passée sous les fourches caudines des théoriciens de « ce n’est pas le coran ». Quand bien même, le Coran a toujours été relégué au second rang quand ce beau monde veut se partager le maigre gâteau de notre « pays pauvre très endetté ».
Personne n’est dupe et pourtant tout le monde fait semblant de croire que demain sera meilleur qu’aujourd’hui et c’est le propre de l’homme, seriez-vous tenter de répondre. Le vrai problème est que le pays vit au dessus de ses moyens de par l’existence d’une caste issue de la sphère administrative et politique, incapable d’impulser une vision pour le pays.
L’arrivée d’une « nouvelle » équipe donne toujours aux gens le sentiment que les choses changeront. Un petit état insulaire avec des atouts non négligeables mais qui refuse le développement. Un pays comme le Cap Vert, mal loti par la nature, donne un exemple de ce qui peut être fait avec peu de moyens et avec une volonté d’aller toujours de l’avant. A l’opposé, il y a l’exemple d’Haïti, un peuple fier de ses cadres et une intelligentsia reconnus mais qui s’est toujours enfoncé dans le sous-développement et une misère criante.
Les iles de la lune sont un carrefour de cultures et de civilisations. Elles ont des opportunités à saisir et des atouts à relever. Sans une prise de conscience affirmée sur le plan politique autour d’une vision à travers un développement maitrisé, le microcosme politique continuera de naviguer avec son frêle esquif à travers les méandres d’une mer déchainée appelée mondialisation. Et notre diaspora finira par lâcher prise.
Notre drame est que les multiples leaders sous les cocotiers ont décidé de faire siennes ces paroles d’un personne de Jean Cocteau : « Puisque ces mystères m’échappent, feignons d’en être l’organisateur». Et pour beaucoup de nos compatriotes, notre pays demeure un grand mystère.
(Article sorti lors de la campagne du deuxième tour des présidentielles de 2016).
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