« Avec de l'audace, on peut tout entreprendre, on ne peut pas tout faire », Napoléon Bonaparte
Hala yilayilele … C’est ainsi que débute les contes dans les îles de la lune. On peut sans risque de se tromper, dire que c’est de cette manière que nos petits enfants raconteront la manière dont nous avons vécu et se demanderont comment on pouvait vivre dans des situations aussi saugrenues que ce que nous vivons depuis plus de quatre décennies.
Nous devons reconnaître que nous sommes passés maîtres dans l’art de créer des situations surréalistes, vivre hors du temps, enfermés dans notre microcosme sous les cocotiers. Nous avons acquis cette faculté extraordinaire de nous muer nous-mêmes en notre propre adversaire.
Nous refusons tout simplement de nous appliquer les lois et règlements que nous annonçons à coup de déclarations intempestives et tonitruantes. Nous nous complaisons à vivre sans véritable contrat social. Même le coran, notre livre sacré est utilisé comme paravent contre les foudres non de Dieu mais contre les revendications légitimes des travailleurs. Les îles de la lune ont sans nul doute des spécificités à défendre, il n’empêche que les lois du monde moderne nous concernent au plus haut point si nous voulons sortir de l’ornière.
Nous disons souvent que dans les îles de la lune, les ressources humaines ne manquent pas pour redresser le pays. Ce qui nous manque c'est surtout, l'absence d'amour propre pour laisser derrière soi les intérêts mesquins liés à l'absence de vision pour le long terme.
Nous nous laissons enfermer dans un monde qui privilégie beaucoup plus le paraître au détriment d'une réalité qui devrait nous obliger à consacrer plus de temps au travail et qui fait la vraie richesse d'un pays.
Combien de fois, parlons-nous de mettre le tourisme au premier plan de nos préoccupations ? Que faisons-nous concrètement pour faire de cela une réalité ? Le tourisme est-il compatible avec un pays où sévissent des maladies chroniques ? Est-il compatible avec une instabilité institutionnelle permanente ? Est-il compatible dans un pays où l'énergie est hors de prix ? Est-il compatible dans un pays avec des infrastructures qui laissent à désirer ? Autant d'interrogations auxquelles il faudrait que nous ayons le courage d’y faire face.
Nous aurions aimé que nos hommes politiques concurrent à donner à nos îles une autre image que celui du chacun pour soi, qu'ils aient à l'esprit le contexte spatial dans lequel nous évoluons, bref qu'ils aient les pieds sur terre dans la recherche des solutions qui sont à la portée de nos ambitions, modestes soient-ils ! Nos hommes politiques auront-ils assez de bon sens pour aller dans ce sens ?
On est en droit de l'espérer quand on mesure le temps perdu dans des futilités, au regard du chemin qui reste à parcourir pour faire des nos îles, un pays où il fait bon vivre et travailler. Ayons donc l’audace de tout entreprendre même si on ne peut pas tout faire comme disait l’autre.
Mmagaza
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