La Gazette

des Comores

Habari za udunga / Responsable mais pas coupable

Habari za udunga / Responsable mais pas coupable © : HZK-LGDC

« Avoir toujours raison est un grand tort ». Cette phrase de Turgot, reprise par le président du conseil Edgard Faure dans ses mémoires en 1982, illustre ce qui se passe un peu dans les iles de la lune. En effet, sous nos cocotiers il n’est jamais bon d’avoir raison sur la masse. Et l’histoire du président Ali Swalihi est là pour nous le démontrer.


En effet, nous sommes dans un pays où il est difficile de trouver quelqu’un, qui, sur un sujet donné, vous avouera son ignorance. Il trouvera toujours une explication à vous proposer. Vous lui demander pourquoi il fait si chaud, il vous répond que c’est à cause de la mode déshabillée de nos jeunes filles et il vous ajoutera qu’en principe il devrait faire plus chaud si l’on tient compte du degré de la dégradation des mœurs.

 

Dans les bangwés et les salons feutrés des villas cossus on discute à longueur de journées de blessure de Neymar, le joueur brésilien du Paris Saint Germain et bien sûr des sujets nationaux à l’ordre du jour comme l’affaire des clous de Bandar Salam ou des déchets sous l’angle d’une mission impossible sous nos tropiques.

 

En fait, nous n’avons rien à apprendre, nous devons nous contenter d’écouter, ceux qui monopolisent la parole dans les bangwés, dans les médias privés, dans les madjilisses, les maoulides etc… Il semble que tous ces gens là ont des solutions à nous proposer pour sortir de l’ornière.

 

Dans les iles de la lune, la parole a toujours été reine. Les maitres de la parole ont toujours fleuri un peu partout dans nos localités. Ce qui amenait le feu président Abdallah à faire sien l’adage : « la langue n’a pas d’os ».

 

Aujourd’hui le débat s’est focalisé sur la lutte contre la corruption avec son corollaire de situations alambiquées. Il semble que la problématique réside dans le fait que c’est la survie d’un certain nombre de castes politiques qui est en jeu. Et on voit mal certains, contribuer à scier la branche sur laquelle ils sont assis en ayant dans leur bec un fromage. Mais cela est une autre histoire.

 

En définitive nous savons tous que l’impunité est devenu la règle numéro un dans ce pays. L’arrogance et le mépris sont devenus les concepts sur lesquelles certains puisent leur force oubliant au passage qu’un pouvoir ne dure qu’un temps, le temps d’un instant, diraient certaines mauvaises langues. En définitive si nous sommes tous responsables de l’état déplorable dans laquelle se trouve le pays et nous en déduiront que personne n’est coupable !

 

 

 


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