Dans les iles de la lune, nous avons l’habitude de la palabre (discussions interminables et oiseuses) et de ce fait, il n’est pas rare que dans nos bangwé et maintenant dans les réseaux sociaux, nous abordions tous les aspects des problèmes que nous rencontrons mais comme à l’accoutumée les solutions que nous proposons, nous sommes les derniers à vouloir les appliquer et pour cause !
Par ailleurs, à chaque fois que vous avez l’occasion de discuter, en réalité d’écouter, l’un de nombreux dirigeants du microcosme sous les cocotiers, vous êtes subjugué par la solidité de son argumentation et par la finesse de son raisonnement. Pour lui, il suffirait de faire ceci pour arriver à cela et ainsi de suite. Alors on peut se demander pourquoi les îles de la lune marchent toujours à reculons, toujours à contre-courant de l’histoire qui se fait.
On peut toujours épiloguer à longueur d’articles et de séminaires sur le pourquoi et le comment d’une telle situation, consulter des tonnes de rapports sur le développement humain durable, l’on se heurtera toujours à une absence de logique dans les démarches de nos grands responsables sous les cocotiers. Certains analystes vont jusqu’à se demander, si on peut raisonnablement, avoir des grandes idées dans un espace aussi réduit. Pour la petite histoire, Napoléon a dû quitter sa Corse natale et aller sur le continent pour faire valoir sa grandeur et son génie.
Dans tous les cas, cela mérite réflexion, quand cela fait maintenant plus de quarante ans que nous sommes sensés avoir largués les amarres avec la puissance tutrice alors que nous n’étions jamais réellement partis nulle part. Dans les faits nous passons notre temps à colmater des brèches sur notre bateau qui prend eau de toutes parts à chaque régime qui passe. Et comme nous avons toujours tendance à rejeter la faute aux autres, l’idée ne nous affleurera point de faire notre mea-culpa. Et comme le disait quelqu’un : « avoir toujours raison est un grand tort ».
Sous nos cocotiers, les jours passent et même s’ils ne se ressemblent pas, on a l’impression que tout est figé alors que tout au contraire, sous leurs aspects tranquilles, grouille toute une vie pleine de rebondissements. Et quand un beau jour, quelque chose nous tombe sur la tête, nous croyons avoir découvert quelque chose qui ne fonctionne pas bien sous les cocotiers.
Aujourd’hui avec cette histoire de pandémie, qui a pris de court la plupart des pays, même les plus développés, nous nous rendons compte que l’État que nous avons façonné depuis des décennies n’est plus vraiment très opérationnel. Les structures décentralisées ont été vidées de toute substance alors que ce sont elles qui doivent constituer l’ossature pour encadrer les communautés de base en cas de catastrophe.
Mais comme le chante si bien Boul des îles, «Yeka wu himisa ndrongo kozo hamba kweli, ke tso tsogeza wowasaya wakiri », (il ne suffit pas d’avoir raison ou d’être dans son droit, pour que les autres vous croient).
Mmagaza
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