La Gazette

des Comores

Habari za udunga / Peu importe si le monde vacille : « Ndelebotsi no msetro »

Habari za udunga  / Peu importe si le monde vacille : « Ndelebotsi no msetro » © : HZK-LGDC

Alors que vient sonner l’heure de comptabiliser le nombre de prétendants à la haute superstructure, le microcosme sous les cocotiers commence à réveiller ses vieux démons. Comme diraient nos cousins gaulois, chacun voit midi à sa porte. La politique comorienne fait partie du folklore des îles de la lune. Si ici et là émergent quelques individualités ayant une vision cohérente, le plus grand lot est formé de personnes qui cherchent à se caser pour espérer gagner le jack pot, au détour d’une « combinazione » lors d’un probable second tour.


Alors que les problèmes demeurent dans tous les compartiments de la vie sociale, tout ce beau mode, calculette à la main est en train de faire les comptes sur le nombre de couches sociales  à mobiliser pour les prochaines joutes politiques.

 

Il convient de rappeler que dans les îles de la lune, le concept « équilibre » figure parmi les mots les plus usités par le microcosme. En effet, depuis 1978, il fait partie de la panoplie du discours de tout « bon » politicien sous les cocotiers. Si à un certain moment, il a pu aider à trouver des compromis dans le jeu subtile de la classe politique, il faut se dire qu’à certains autres moments, des opportunistes s’y sont glissés insidieusement pour se fondre dans la moule et ils sont devenus au fil du temps des spécialistes respectés dans ce jeu d’équilibre, instable cela va de soi.

 

Cet équilibrisme, tous azimuts, constitue, peut être, un des éléments, de notre instabilité actuelle. C’est ainsi qu’à force de vouloir à tous prix trouver un équilibre insulaire dans la gestion de l’Etat, on avait occulté l’aspect le plus important, qui est la constitution d’équipes capables d’impulser des véritables stratégies de développement en dehors des contextes purement insulaires.

 

Peu importe si le monde vacille, l’essentiel est de se croire à un moment donné comme étant au centre de toutes les attentions. Notre drame vient surtout du fait que chacun de nous se sent capable d’être au gouvernail quel que soit le temps qu’il fait. Nous le disons souvent, il suffit d’un concours de circonstances pour se retrouver au sommet. « Zinu bahati zakalantsiza wandru », telle est l’explication basique.

 

Il ne faut pas être un très grand clerc, grand politologue ou versé dans la lecture des boules de cristal pour savoir que dans le pays on manque énormément de repères pour se guider dans la dédale des déclarations tant du régime que de l’opposition ou pour être précis de la cohorte des multiples courants et tendances qui les composent.

 

On pourrait se demander si le temps n’est pas venu pour nous d’admettre là où nous avons failli et d’ouvrir le débat sur de nouvelles approches pour un développement au service du pays. Si nous en avons à cœur cela, les moyens pour y arriver ne nous ferons pas défaut. À moins de vouloir rester dans « lebotsi no msetro », pour encore un bout de temps !

 

Mmagaza

 

 


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