Alors que le monde se débat pour essayer de trouver des palliatifs ou des solutions à long terme aux crises qui bouleversent la plupart des régions du monde, on aurait aimé que les dirigeants des îles de la lune à tous les niveaux, puissent entreprendre des initiatives pour le renforcement des capacités institutionnelles et humaines en vue de permettre au pays de renforcer durablement un modèle de gouvernance, qui donne à chacun un droit de regard sur les affaires de la cité. Mais tout cela n’est possible, que si chacun de nous, y met du sien et accepte de regarder le monde qui est en face de nous.
Les crises que nous traversons ont toujours eu pour corollaire notre faiblesse sur le plan économique. Des centaines de rapports qui analysent par le menu les causes de notre retard dans beaucoup de domaines pour ne pas dire tous les domaines, ont été rédigés par des consultants nationaux et internationaux et remplissent les tiroirs de nos administrations centrales.
Il nous parait illusoire de vouloir bâtir des stratégies sans tenir compte du concept insulaire de notre pays, non pas pour tomber dans un séparatisme insidieux mais pour innover par exemple au niveau de nos transports tant maritimes que terrestres. La tendance à la décentralisation de l’autorité et de la responsabilité pour la gestion des affaires publiques qui s’est imposée dans plusieurs parties du monde devrait nous aider à mieux gouverner nos cités.
Si on est de la famille, avant d’être du quartier, du village ou de l’île, comment pourra-t-on bâtir une nation, un état impartial et la bonne gouvernance que tout le monde appelle de ses vœux ? Loin de nous, l’idée de couper le comorien de ses racines mais de montrer que le développement ne peut se construire sans l’idée d’une nation et d’un pays.
La crise actuelle à Maoré montre si besoin est, l’impérieuse nécessité de bâtir un état impartial au niveau de chacune de nos îles. La nécessité de tenir un discours d’ouverture les uns avec les autres dans l’ensemble de l’Archipel est la voie de la raison face aux marchants d’illusions. Jamais aucune entité ne sera un paradis si une partie de l’ensemble ne suit plus le mouvement.
Le monde interdépendant d’aujourd’hui, exige que chacun y apporte sa pierre à l’édifice. Un monde plein d’exigences et qui nous impose des responsabilités accrues, dans la mesure où nous sommes condamnés à nous entendre à construire les fondations de notre maison commune. Les débats stériles et autres joutes oratoires dont nous avons le secret, nous ont toujours empêchés d’avoir les pieds sur terre.
Aujourd’hui les autorités gauloises ont, semble-t-il, une vision réaliste de la situation. En refusant de s’engager dans les méandres des chantres du colonialisme d’antan, ils peuvent s’engager avec les autorités comoriennes dans la recherche des compromis possibles. Croire qu’avec la force pure, on peut écraser les nations, si petites soient-elles, a toujours été toujours contre-productive. Qu’on se le dise !
Mmagaza
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