La Gazette

des Comores

Habari za udunga / Nos querelles byzantines

Habari za udunga / Nos querelles byzantines © : HZK-LGDC

« Kasi, nde wudjuwo siri za mtsundji »


Un grand stratège chinois M. Tun avait écrit : « Ne soyez pas sentimentaux à l’égard du passé et n’ayez pas de vision trop enthousiaste de l’avenir. Scrutez, analysez et dégagez le réel de l’actuel ». Même en partant de cette base pour essayer de comprendre l’embrouillamini actuel, certains ont le plus grand mal à y voir clair.

 

Alors que le monde s’interroge sur les conséquences des grands bouleversements en cours notamment les changements fondamentaux de la politique américaine, le microcosme politique des îles de la lune se déchire sur l’opportunité ou non de prendre part à des discussions sur le bilan du pays après quarante deux ans d’indépendance.

 

La nouvelle donne internationale met l’accent sur la lutte essentiellement contre le terrorisme et la drogue et qui conduit à des positionnements géostratégiques de part et autres sur la planète.

 

Les îles de la lune sont avant tout, victimes de la folie d’une classe politique sans vision autre que celui du pouvoir pour le pouvoir. Nous écrivons souvent que « Nous donnons l’impression de manquer de vision que ce soit pour le court, le moyen, ne parlons pas du long terme. L’une des raisons étant que la politique politicienne est devenue une industrie en plein essor, pour le grand bien des vendeurs d’illusions ».

 

Nous devons avoir toujours à l’esprit que nos îles ressemblent à un frêle esquif qui navigue dans la mer déchaînée de la mondialisation avec à la barre moult capitaines qui se disputent le gouvernail en piteux état. Et comme le bateau ivre du poète, le pays pourrait, si nous ne prenons garde, s’enfoncer résolument dans les profondeurs de l’océan.

 

Dans un pays où les ressources tant humaines que naturelles sont loin d’être les moindres mais l’on assiste à des débats sans fin sur la politique, sur ce, on a l’impression étrange de vivre sur une autre planète.

 

Quand on voit l’opposition refuser de prendre par à des assises sous le fallacieux prétexte que le gouvernement a déjà tiré les conclusions, on se demande bien ce qu’ils ont à proposer si ce n’était de prendre part aux discussions et éclairer l’opinion sur leurs propres positions?

 

Doit-on continuer à se bander les yeux et croire que les choses finiront par s’arranger d’elles‐mêmes dans le meilleur des mondes ? Ne doit-on pas en finir avec cette mauvaise foi qui nous a toujours caractérisés? Devons nous continuer à croire que nos querelles byzantines sont la solution à nos problèmes ? Autant de questions qui doivent nous interpeller.

 

Pour paraphraser l’ancien président américain Barack Obama, ayons l’audace d’espérer qu’un jour, la jeune génération abattra ces murs pour ériger une société tournée vers le progrès et la transparence. Et faire ainsi barrage à l’obscurantisme, cette « attitude d’opposition à l’instruction, à la raison et au progrès».

 

Et comme le chante si bien Boul, «Yeka wu himisa ndrongo kozo hamba kweli, ketso tson geza wowasaya wakiri », il ne suffit pas d’avoir raison ou d’être dans son droit, pour que les autres vous croient. Ya salama.

 

 

 

 

 

 


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