La Gazette

des Comores

Habari za udunga / L’information qui éclaire les choix des citoyens

Habari za udunga / L’information qui éclaire les choix des citoyens © : HZK-LGDC

« Nkasi nde wudjuwo siri za mtsundji » J’ai l’habitude de rappeler dans ces colonnes, cette histoire d’un vieux de notre quartier, qui, à chaque fois que nous abordions les mille et un problèmes des îles de la lune, nous rétorquait par ces mots : comment voulez-vous résoudre un problème avec des gens qui marchent la tête en bas ?


Cette approche a le mérite de mettre les choses à l’endroit, si l’on peut se permettre cette expression. En effet quelque soit le jugement que l’on peut porter à cette expression, on se doit à la lumière de ce que nous vivons depuis plus de quatre décennies, dire qu’il avait entièrement  raison.

 

En termes de gouvernance, on est passé progressivement de la situation coloniale à une situation où on est dirigé par les préceptes issus du discours technocratique des institutions internationales. Avec ce que  tout cela comporte d’effets collatéraux. Il n’est pas inutile de rappeler que tous les programmes économiques mis en œuvre par les pays pauvres sont ‘’dictés’’ par ces honorables institutions.

 

Sans pour autant dédouaner nos dirigeants sur les responsabilités qui sont les leurs, on devrait demander à ce qu’une évaluation soit faite sur la part des propositions issues des responsables de nos pays dans ces programmes. On peut toujours effacer nos dettes mais sans le développement de nos capacités à mobiliser des ressources sur la base de programmes cohérents nous serons toujours voués à tourner en ronds.

 

Nos responsables devraient recentrer les actions de l’Etat dans ses prérogatives régaliens et donner des signaux forts aux responsables techniques des différents départements quant aux compétences qui leurs sont dévolues. Il s’agit en fait, d’éviter de perdre encore des années à enfoncer des portes ouvertes.

 

Un des problèmes actuels est l’absence au niveau de l’Etat, d’une communication de visibilité de ses  actions. Des structures existent et des hommes dédiés  à ce volet sont nommés. Le problème est que ces forces semblent être atteintes d’une certaine léthargie dont on a du mal à définir la cause. Celle qui est le plus avancée, serait l’omniprésence du chef de l’Etat dans la sphère médiatique (local, national et international), ce qui donne peu de marge à ces « spécialistes » de donner de la voix.

 

Ainsi, le risque est grand de passer trop de temps à éteindre des feux de brousse des réseaux sociaux que certains pyromanes du web  se font un malin plaisir à allumer ici et là. Et on peut se demander où est la démocratie sans l’information qui éclaire les choix des citoyens ?

 

Et pourtant les domaines d’intervention ne manquent pas : que ce soit la place de notre pays face aux enjeux géopolitiques, la crise sociale et ses répercussions sur le devenir de notre jeunesse, la politique énergétique, la place centrale de notre diaspora dans le processus de développement tant économique, culturel et artistique.

 

Au lieu de cela, nous nous enfermons chaque jour dans des débats stériles de la politique politicienne et autres, comme les joutes électorales qui s’annoncent dans les îles de la lune.

 

 

Mmagaza

 


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