« Le Noir qui veut blanchir sa race est aussi malheureux que celui qui prêche la haine du Blanc.» Frantz Fanon dans « Peau noire, masques blancs »
Le nombrilisme étant l’apanage de nos concitoyens dans les îles de la lune, nous sommes condamnés à errer dans les méandres de la politique politicienne pour un bout de temps. Notre pays passe son temps à élaborer des programmes et des projets mais s’est toujours refusé à se donner les moyens de les mettre en œuvre, préférant multiplier les emplois improductifs dans les sphères de la nomenklatura publique.
Or nous savons tous pertinemment que sans le développement d’un secteur privé dynamique et innovant, appuyé par une fonction publique performant, aucune avancée réelle ne sera possible dans le développement que nous appelons tous de nos vœux. Alors que nous paraphons chaque jour des documents pour lutter contre la pauvreté, nous avons le plus grand mal dans leur mise en œuvre.
Notre microcosme ne doit pas se limiter à des analyses descriptive et explicative de notre situation. Personne ne s’est aventuré à faire une petite évaluation du travail accompli dans les départements et services des îles autonomes. Il arrive souvent que les agents ne se connaissent pas entre eux, faute bien sûr, de n’avoir jamais eu rien à faire. Et pourtant, le temps passe et d’autres prétendants sont dans les listes d’attente.
Cependant, il serait sans doute abusif de condamner quiconque dans une situation où chacun a le regard tourné sur ses propres intérêts au détriment de l’intérêt collectif. L’ensemble des acteurs contribuant ainsi finalement à discréditer l’idée que l’on puisse œuvrer pour l’intérêt du plus grand nombre.
Avec la nième proposition de changement constititutionnel, on peut espérer que sans passion, les uns et les autres pourront avancer leurs contre propositions pour que nos compatriotes puissent le moment venu, choisir en leur âme et conscience. Il parait, dans une certaine mesure, illusoire et inefficace de parler de développement en ignorant les questions relatives à un cadre institutionnel performant.
Nous sommes tous convaincus que le pays dispose des ressources humaines pour faire face aux défis d’un monde en plein bouleversement. Le pays dispose de suffisamment de patriotes qui ne sont pas prêts à faire la courte échelle à des réseaux dont on connait le mal qu’ils ont fait à ce pays.
Les évènements malheureux qui continuent à se produire à Maoré, montrent si besoin est, les limites de l’occupation coloniale. A quelque chose malheur est bon, dit un adage gaulois. Nos frères mahorais sont en train de voir défiler sous leurs yeux, les conséquences d’une colonisation. Dans son « Discours sur le colonialisme », Aimé Césaire disait : « Ma seule consolation est que les colonisations passent, que les nations ne sommeillent qu’un temps et que les peuples demeurent ».
Mmagaza
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