Dans un petit livre intitulé « Le principe de Peter », l’auteur démontre que toute personne aspire à accéder à un poste où il devient incompétent. En effet, quand vous excellez dans un domaine et que l’on vous remarque, on vous propulse à un niveau supérieur, où vous devenez subitement incompétent, dans la mesure où la plupart du temps, le poste ne correspond pas à votre profil.
On pourrait penser que depuis plusieurs décennies dans les îles de la lune nous sommes en face d’une telle situation, et qu’elle est la cause des dysfonctionnements, que l’on observe un peu partout. Paradoxalement, le plus souvent, ce sont en principe des personnes qui ont échoué lamentablement dans leur secteur, qui se trouvent propulsées encore plus haut dans la pyramide. Ceci entraîne, vous l’aurez compris, un découragement de beaucoup de cadres, qui estiment, à juste titre, que cela ne vaut pas la peine, de donner ce qu’on a de meilleur pour récolter du vent, comme dirait l’autre.
De ce fait donc, vous l’aurez constaté, sous nos cocotiers, rien ne semble arrêter notre propension à toujours considérer l’utile comme le superflu et vice-versa. Personne dans ce pays, n’est en mesure de vous dire ce qui est prioritaire. On vous dira toujours, que tout est prioritaire. On vit dans l’urgence, ce qui permet à certains de passer dans les mailles du filet.
Ainsi donc, à un moment où l’administration publique plus que pléthorique vogue sans perspectives, le pays voit surgir des politiciens qui jouent leur survie et qui tentent de tenir la tête hors de l’eau grâce à la surenchère verbale touts azimuts. Certains d’entre eux, qui il n’y a pas longtemps, donnaient de leçons de civisme, et de morale politique, se trouvent aujourd’hui aux avants postes des joutes verbales, ces dernières n’ayant d’autres objectifs que de leur permettre de rester visibles aux yeux de la classe dirigeante, au cas où ?
Les îles de la lune peuvent-elles se payer encore le luxe d’entretenir plusieurs castes de dirigeants qui n’ont d’autres utilités que celle d’exister ? Cette nomenklatura sous les cocotiers constitue à n’en plus douter une source supplémentaire de soucis dans la bonne gouvernance de la cité.
Comme disait un ami, on se surprend à noter que le seul consensus réel de notre classe politique consiste d’une part à se partager le pays en autant de portions congrues et d’autre part, à se glisser des peaux de bananes vers l’autre soi-même pour lui donner des coups de gourdins à l’occasion et tant pis pour ceux qui croyaient révolu le temps des sultans batailleurs. Cette situation est surtout caractéristique de l’île de Ngazidja où nous excellons dans l’art de la dispute permanente
Et l’ancien président Saïd Mohamed Cheikh dont on vient de célébrer le 48ème anniversaire de la disparition, ne s’y trompait pas en fustigeant dans toutes ses allocutions ces comportements à la fois infantiles et irresponsables. C’est vous dire, que le mal est profond.
Mmagaza
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