La Gazette

des Comores

Habari za udunga / Entre « Machuhuli na mchipa »

Habari za udunga / Entre « Machuhuli na mchipa » © : HZK-LGDC

Alors que le référendum constitutionnel vient de se dérouler avec ceux qui voient le verre à moitié plein et l’autre à moitié vide, les mariages grands et petits continuent leur petit bonhomme de chemin. Entre les déclarations de la « communauté internationale » aux connotations diplomatico-stratégiques, les déclarations des autorités étatiques et celles des opposants de tous calibres, le citoyen lambda ne s’y retrouve pas, à tous les coups.


L’on va assister dans les jours à venir, à des débats sur l’exégèse des termes employés par les uns et les autres. Entre « le boycott » et autres « pas d’élections » prôné par les opposants et le fait que les élections ont eu lieu malgré la faible mobilisation de l’électorat, nous serons servis dans les explications alambiquées, cela va de soi.

 

La politique de la chaise vide a toujours été porteuse, si l’on peut s’exprimer ainsi, de désenchantement, quand chacun sait que la nature a horreur du vide. On dit que la démocratie est « le moins mauvais des systèmes de gouvernance ». Hier les Zimbabwéens ont fait des longues queues pour aller voter malgré que l’opposition ait parlé de possibles fraudes. Cette dernière s’est toutefois, refusé à boycotter les élections.

 

Chez nous, l’opposition n’a pas fait preuve de sens pratique et s’est englué dans des explications générales sur la cour constitutionnelle et autres théories sur la puissance supposée du régime à falsifier les résultats. Au lieu de se battre avec la communauté internationale pour sécuriser le scrutin et permettre une plus large participation des électeurs.

 

Aujourd’hui, il s’agit de voir si les opposants vont continuer dans cette voie de l’obstruction systématique ou s’ils vont travailler sur une stratégie plus fine, soft pour être dans l’air du temps. Rappelons que cette opposition est composée d’une multitude de formations dont certaines ont une vague idée de l’esprit démocratique. Aussi, il s’agit de trouver un dénominateur commun qui puisse permettre à nos concitoyens de faire la part des choses.

 

Il ne s’agit pas de donner carte blanche au régime, mais de permettre au pays de ne pas sombrer dans une lutte des clans et autres constellations hybrides de groupements sans tête ni queue. Alors que le monde subit des modifications notamment dans le domaine du commerce, nos minuscules iles avec leurs quelques produits de rente, donnent l’impression de croire que les yeux de l’opinion mondiale sont braqués sur elles.

 

«  Un peuple qui ne mange pas à sa faim, qui n’a pas un travail régulier, qui ne sent pas qu’on s’intéresse à sa santé, à son instruction, à son avenir, est toujours prêt à mettre en doute le pouvoir politique qui le dirige ». Ces paroles n’ont pas été tenues par un nos syndicalistes  mais par le regretté Président Said Mohamed Cheikh le 29 octobre 1961, à la tribune de l’Assemblée Nationale Française, alors qu’il était député des Comores.

 

Dans ce même discours, il avait ajouté que : « ils (les problèmes économiques) conditionnent tout le progrès social possible, et en même temps la stabilité politique elle-même. »

 

Aussi, entre » machuhuli et mchipa », le monde continuera d’avancer avec nous ou sans nous, c’est à nous de le décider!

 

Mmagaza

 


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