Il est un fait reconnu que, dans les îles de la lune, nous excellons dans l’art oratoire. Il ne fait pas de doute que s’il existait un palmarès mondial des joutes verbales, nous serions dans le lot de tête. Malheureusement, comme nous le savons tous, cet art ne donne droit à aucune reconnaissance formelle.
Et pourtant, du citoyen lambda, en passant par le cadre moyen et le politicien du microcosme de gros calibre, la parole est reine. Combien de nos radios périphériques regorgent de jeunes sans formation mais dont la seule qualité est d’avoir une voix radiophonique. Même la radio d’Etat se fait un plaisir de les débaucher, pour ensuite les rejeter, cela va de soi.
Aujourd’hui, c’est dans les médias sociaux que les batailles font rage, animés cela va de soi par des membres de la Diaspora, loin des fourches caudines des pouvoirs. Ces animateurs les doigts alertes sur les claviers d’ordinateurs, se font toujours « une joie » de demander à l’opinion de prendre des « initiatives » sur le terrain, qu’ils savent pertinemment miné.
Pour en revenir à l’art oratoire, certains se demandent pourquoi, à l’Université des Comores, il n’a pas été créé un département spécial sur ce sujet. On formerait des spécialistes en la matière et que peut-être, on pourrait, à l’avenir, disposer d’un centre d’excellence régional et pourquoi pas international, pour faire valoir notre savoir dans ce domaine, toujours en pleine expansion chez nous.
Trêve de plaisanterie ! Revenons sur terre. Nos îles de la lune sont ce qu’on appelle communément un petit état insulaire en développement, les fameux PEID. Et il y a quelques temps, nous avons franchi une étape supplémentaire en accédant en grandes pompes, au statut de l’incompétence en intégrant les pays pauvres très endettés. Le problème est que les enjeux liés à des telles définitions ont toujours occupé une place secondaire chez nos grands leaders sous les cocotiers.
Dans les îles de la lune, en plus du nombrilisme aigu, qui nous fait croire que nous sommes au centre du monde, il nous faut malheureusement ajouter cette politique politicienne qui est devenue une véritable maladie que certains appellent la « politïte ».
Elle semble être devenue endémique, comme le palu qui est en nous. Son éradication est problématique. Que faire ? Doit-on continuer à regarder l’incompétence prendre le pas sur le mérite ? Doit-on continuer à laisser le pays voguer au gré des marchands d’opportunités et des opportunistes ?
Les choix ne sont plus nombreux et il nous appartient à toutes et à tous de refuser de baisser les yeux face à notre indifférence ! Les enfants d’aujourd’hui, les adultes de demain pourraient ne pas nous comprendre.
Mmagaza
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