En écoutant tout ce qui se dit dans la rue et dans les ‘chaumières’, on a l’étrange impression que les gens sont désillusionnés et qu’une certaine incrédulité pointe à l’horizon. Nous l’avons écrit dans un article que le séparatisme est une mauvaise solution à un problème qui est réel, à savoir la crise économique consécutive à plus de 40 ans de mauvaise gérance et de gabegie de la part de nos gouvernants et on pourrait ajouter avec notre tacite consentement.
Aujourd’hui, la décentralisation, l’autonomie, le ‘ukutruzi institutionnel’, bref le séparatisme pour parler crûment sont présentés comme la panacée pour nous apporter le bien-être et la stabilité. Les sultans batailleurs nous poursuivent toujours comme une malédiction.
Présentement, chacun crie sur tous les toits qu’il lui faut prendre sa destinée en mains, louable initiative en soi. Donc, pour vivre heureux, vivons cachés. Refusons de voir le monde dans sa complexité pour ne pas dire sa monstruosité, refusons de voir l’autre dans sa différence, refusons de reconnaître nos défauts bref refusons tout simplement de nous regarder devant une glace. Or, ce qu’il faut refuser, c’est de vivre avec nos peurs.
Un jour, dans une conférence-débat avec des élèves des classes de 5è et 6è du Groupe Scolaire Avenir, un élève me demandait pourquoi avec notre environnement naturel si riche, les touristes ne viennent pas visiter notre beau pays ? J’ai dû lui avouer qu’avec une fragilité chronique dans presque tous les domaines, notre nature si jolie ne vaut, peut-être, pas le détour. C’est une question à laquelle il convient de donner une réponse moins laconique que celle que j’ai donnée. En effet, pourquoi les touristes ne viennent pas si nombreux comme dans les autres petits états insulaires de notre région ?
Nous devons valoriser ce que nous avons de bien : une population accueillante, une nature agréable et tout cela dans un carrefour où se côtoient plusieurs civilisations. Déjà, le microcosme politique sous les cocotiers commence à percevoir ces atouts mais aussi les dangers qui nous guettent. Mais, sa responsabilité est grande, dans la mesure où de part ses actions, il peut être le ferment du bien comme du mal.
Les risques de nous enfoncer sont réels mais les atouts pour nous en sortir sont présents. La classe politique et le mouvement citoyen doivent prendre la mesure des enjeux : nous sommes une fois de plus écartelé par le discours politique. N’oublions pas les atouts dans nos manches. A nous de savoir prendre les risques. Les risques calculés sans doute.
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