Dans les îles de la lune, nous sommes connus pour avoir la mémoire courte, surtout au sujet de notre propre histoire. Pour un tout petit pays comme le nôtre, en quelque quarante ans d'indépendance, nous avons vécu des évènements, qui à l'échelle d'un autre pays, aurait pris le double. Nous avons changé X fois notre constitution, connu des multiples régimes. Pourtant à chaque fois, nous avons l'impression d'un éternel recommencement. Les hommes politiques se contentant de toujours gérer les affaires courantes.
Deux pays de notre région, en l'occurrence l'île Maurice te les Seychelles auraient pu être pour nous, une source d'inspiration pour développer nos structures de production et autres services. Nous nous contentons à chaque fois de formules incantatoires, sans lendemain. Nous sommes tous plus ou moins conscients que les enjeux géopolitiques dans le monde dépassent de loin, le poids d'un petit pays comme le nôtre. C'est une donnée que nous avons du mal à intégrer dans nos analyses, nous contentant là encore de formules.
Or, nous devons faire de preuve d'imagination et d'esprit de suite dans nos idées. Entre le combat pour l'unité nationale et celui du développement, nous devons savoir créer des alliances aussi avec les forces françaises qui s'opposent au démantèlement de notre pays. La France est une grande démocratie et où vivent beaucoup de nos compatriotes, nous le constatons en ce moment. C'est une donnée lourde quand nous voulons mettre en place des stratégies de développement. A ce jour, les propositions concrètes pour intégrer ces données n'ont pas été suffisamment intégrées dans les projets de développement du côté comorien.
A Maoré, le temps jouera pour nous, si nous savons gérer notre question identitaire d'un archipel uni par des multiples liens. Et certainement, il y aura un jour, des autorités françaises, pour faire le bilan d'un gâchis.
L'on se rappelle les paroles du président Giscard d'Estaing, au cours de sa deuxième réunion de presse, sur la politique extérieure, Palais de l'Elysée, le jeudi 24 octobre 1974, avait déclaré que « pour ce qui est de l'ile Mayotte, le texte a été évoqué par l'assemblée nationale ; il s'agit de l'archipel des Comores ; c'est un archipel qui constitue un ensemble situé, vous le savez, entre Madagascar, indépendante, et le Mozambique, indépendant, ou en tout cas qui va l'être en juin prochain. C'est une population qui est homogène, dans laquelle il n'existe pratiquement pas de peuplement d'origine française ou un peuplement très limité. Etait-il raisonnable d'imaginer qu'une partie de l'archipel devienne indépendante et qu'une ile, quelle que soit la sympathie qu'on puisse éprouver pour ses habitants, conserve un statut différent ? »
Il avait ajouté que « Je crois qu'il faut accepter les réalités contemporaines. Les Comores sont une unité, ont toujours été une unité ; il est naturel que leur sort soit un sort commun, même si, en effet certains d'entre eux pouvaient souhaiter - et ceci naturellement nous touche, et bien que nous ne puissions pas, ne devions-nous pas en tirer des conséquences, même si certains pouvaient souhaiter une autre solution. Nous n'avons pas, à l'occasion de l'indépendance d'un territoire, à proposer de briser l'unité de ce qui a toujours été l'unique archipel des Comores ».
A cela, il faut ajouter les paroles d’un certain F. Mitterrand qui lors de son passage dans les îles de la lune avait parlé d’un « contentieux désagréable ».
Ces propositions sont, comme à l'accoutumée tombées dans un silence assourdissant. L'on se contente de botter en touche et de faire qu'à la longue une mémoire gommeuse fera le reste. Un gâchis dans la mesure où cette puissance aura eu toutes les cartes en main, mais par myopie et esprit d'orgueil, aura gaspillé son énergie de puissance dans des actions d'éclat au détriment d'une politique de bon sens, face à une population pacifique.
Les soubresauts dans les îles de la lune ont toujours été liés à l'activisme des groupes issus de l'ancienne puissance coloniale. L'on se rappelle le séparatisme qui a été alimenté par des nostalgiques des confettis de l'empire. Il semble que sur ce point, la mémoire courte ne sera pas de mise car ce sera pour les générations futures, une question de mémoire, tout simplement !
Mmagaza
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