La Gazette

des Comores

Habari za udunga / A la barre moult capitaines qui se disputent le gouvernail

Habari za udunga  / A la barre moult capitaines qui se disputent le gouvernail © : HZK-LGDC

Alors que le compte à rebours se met petit à petit en marche pour les prochaines échéances électorales, le microcosme sous les cocotiers va avancer ses pions sur l’échiquier politique. Entre la mouvance et les opposants de tous poils, les choses risquent de s’embrouiller avec les petites phrases assassines de certains leaders de ces deux bords, qui dans une certaine mesure, doivent défendre des bilans contrastés. Les ambitions cachées vont se révéler au grand jour et le petit peuple devra, une fois encore, se demander avec quelle sauce, il va être mangé, n’ayons pas peur des mots.


Le risque de pléthore de candidats ne doit pas nous faire oublier de tirer les leçons d’un passé récent, pour en éviter le retour, comme dirait le grand timonier chinois en son temps. La place des institutions sera nécessairement un des sujets phares. Quelle autonomie pour les îles ? Quel sera le rôle du ministre premier ? Quels pouvoirs réels pour les gouverneurs ? Des califes à la place du calife dans les îles ? Autant de questions que la prochaine campagne électorale doit s’atteler à débroussailler, autant que faire se peut.

 

Les îles de la lune ont toujours été victimes avant tout, de la folie d’une classe politique sans vision autre que celui du pouvoir pour le pouvoir. Nous écrivons souvent que « Nous donnons l’impression de manquer de vision que ce soit pour le court, le moyen, ne parlons pas du long terme. Et l’une des raisons étant que la politique politicienne est devenue une industrie en pleine essor, pour le grand bien des vendeurs d’illusions ».

 

Nous devons avoir toujours à l’esprit que nos îles ressemblent à un frêle esquif qui navigue dans la mer déchaînée de la mondialisation et de sa globalisation, avec à la barre moult capitaines qui se disputent un gouvernail en piteux état.

 

L’opinion est en train de se demander, à tort ou à raison, quand est-ce que nous allons prendre le temps d’aborder sérieusement les questions relatives aux responsabilités personnelles des uns et des autres dans le charivari actuel.

 

A chaque fois, qu’on croit à une certaine accalmie sur le front des affaires et de la surenchère politico politicienne, il n’en est rien, tout au contraire. C’est, bien sûr, sans compter sur les capacités d’imagination du microcosme à brouiller les cartes et les esprits.

 

II est temps d’adopter une approche plus pragmatique et qui tienne compte de la situation de précarité qui touche différentes couches de la société. Dans cet océan d’incertitudes, il est évident que le pays ne peut que régresser encore davantage.

 

Il serait temps de se réveiller et voir que ce petit jeu ne vaut pas la chandelle dans nos îles de la lune. Tout en nous rappelant au microcosme, ces paroles de Louis Antoine Léon de Saint-Just dans « Fragments sur les institutions républicaines (1800) : ‘’On veut bien être rigoriste en principes, lorsqu’on détruit un mauvais gouvernement. Mais il est rare que, si l’on vient à gouverner soi-même, on ne rejette bientôt ces mêmes principes pour y substituer sa volonté.’’

 

Mmagaza

 

 


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