« L’Éducation des enfants est une tâche très difficile que d’être confiée aux seuls parents. » Georges DUHAMEL.
Depuis quelques temps, le viol des enfants, est devenu monnaie courante et nous avons le devoir de nous interroger sur l’origine de ce phénomène qui ne cesse de traumatiser toutes les familles, tous les parents. Le viol des enfants ne mobilise presque personne. Il constitue un rare espace de parole, de jugement et d’interpellation, même si, désormais la presse ose lever le rideau : des maîtres coraniques et des instituteurs d’écoles publiques, privées sont dénoncés. Pourtant, plusieurs structures chargées de la protection des enfants ont été créées pour recueillir plaintes et protestations des parents, notamment à l’encontre des pédophiles, mais cette immense collection de doléances n’avait que rarement été analysée et jugée d’une manière objective.
Cependant, le cas, le plus flagrant, relaté à l’heure actuelle par les médias locaux est « l’affaire de Fundi Moussa », directeur d’une école primaire et qui « est accusé d’avoir violé une jeune fillette âgée de treize (13) ans » cette affaire, commentée par plusieurs personnes dans les réseaux sociaux qui dénoncent la lenteur de notre système judiciaire, critiquent les mœurs sociales, sollicitent une aide de la part des experts ou des institutions spécialisées pour la protection des enfants comme l’UNICEF, appellent à la révision de sanctions passées : pourquoi ne pas considérer le viol des enfants comme un acte criminel ?
Dans les rues de la capitale, le citoyen ordinaire, parle d’une « Administration faible, d’une justice assez lente pour identifier les coupables ». Par ailleurs, reconnaissons que quelques organisations non gouvernementales (ONG) comme « HIFADHUI » et autres, constituent une source précieuse de renseignements à la veille de chaque jugement d’un pédophile présumé.
Et curieusement, alors que sa mission c’est entre outres former et protéger les enfants ; aujourd’hui, l’école privée comme l’école publique par ailleurs, est indexée comme un lieu, un terrain favori pour les pédophiles. Cependant, les enfants victimes de viols, d’injustice ne comprennent plus de ce qui leur arrive : raison pour laquelle nous devons tous nous mobiliser pour leur protection.
Pendant ces derniers jours, une série de viols vient d’être dévoilée et exposée devant la place publique. Devant un public horrifié, les enfants violés ceux qui, d’une certaine façon, osent encore, témoigner, doivent bénéficier d’une assistance morale de la part des autorités publiques et des dommages et intérêts sur ce qu’ils (elles) ont subi : leur vie est ravagée à jamais.
Souvent les déclarations, les jugements rendus sont des vœux qui ne sont pas obligatoirement suivis d’effet. L’efficacité est d’un autre ordre, celui de la voix vive des juges, des avocats qui permet de comprendre l’origine du viol, qui permet aussi la restitution d’honneur indispensable pour éteindre le mal et mettre en place un accord, un arrangement à l’amiable entre les différentes parties échappe à la justice. Si les parents de l’enfant violé, refusaient tout arrangement avec le violeur, peut-être la justice pourrait remplir son rôle pacificateur et loyal à l’égard des citoyens.
Le but avoué de la justice dans les actes liés au viol des enfants, est d’obtenir la vérité plutôt que la paix sociale. Or, chez nous, souvent les notables dans nos villages, nos régions, tentent de jouer l’apaisement : le violeur, au lieu d’être jugé au palais de justice, bénéficie parfois d’une certaine complicité traditionnelle et l’affaire est classée sans suite ; quelques jours après, il recommencera...
Dois-je rappeler aux uns et aux autres qu’en France au XIIIème siècle, la création du parlement de Paris, principale cour de justice du royaume, et l’extension de la procédure inquisitoire aux différentes villes du royaume au cours des XIVème siècles favorisent la pratique d’une justice objective rationnelle, une bonne justice qui cherche la vérité et non l’apaisement entre violeur et violée. A l’époque, les praticiens comme les théoriciens, juristes ou théologiens, refusent à ce que des crimes, des actes de viols ne soient pas tolérés ou arrangés entre les deux parties.
Cependant, la haine, la colère, l’orgueil, l’honneur, l’ambition, la cruauté sont autant de mobiles qui peuvent fausser le jugement et il convient que le juge doit prononcer la loi. Cette loi ne doit pas être transgressée sous peine de transformer le juge en une autre personne. C’est la raison pour laquelle, le viol des enfants ne doit pas être pris à la légère dans notre pays, les affaires liées au viol des enfants, se multiplient et le nombre de violeurs ne cesse d’augmenter. Les condamnés sont loin d’appartenir à la seule catégorie des hommes pauvres ; ils viennent désormais de toutes les couches sociales. C’est pourquoi, la loi doit-être révisée pour que les coupables soient enfin traduits aux Assises.
Pr Djaffar MMADI, Universitaire, Ancien Ministre
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