Parmi les grands débats qui ont toujours foisonnés dans les iles de la lune, on retrouve celui relatif à la place de l’Administration dans le processus de développement. En effet, beaucoup d’études ont révélé que le dysfonctionnement de l’administration comorienne se traduit par une insuffisance en moyens financiers, matériels et en ressources humaines bien formées et expérimentées. On relève toujours une inadéquation entre les ressources humaines prévues dans les fameux cadres organiques et les besoins réels pour remplir les missions dévolues aux institutions.
A cela l’on constate la plupart du temps une absence de textes définissant les mandats, les missions et les responsabilités des institutions entre l’Union et Îles. Il y a un manque de connaissance et de compréhension des objectifs et orientations des politiques et stratégies nationales. Il est observé une absence de planification et d’évaluation du travail des individus au sein des institutions en charge des différents départements ministériels sur la base d’attentes signifiées répondant au plan de travail et au mandat de l’institution.
Il est noté par ailleurs une absence d’un processus transparent basé sur des critères de compétence et de motivation permettant d’éviter l’ingérence des liens politiques et sociaux dans les nominations des agents à des fonctions techniques. Il existe aussi une absence de culture de performance basée sur la valorisation de l’intégrité et des attitudes constructives et collaboratives et aussi une absence de motivation du personnel (conditions de travail désastreuses, rémunération irrégulière, nominations et promotions non accordées sur des bases transparentes), une absence de communication suffisante des informations sur les objectifs et activités menées par les départements techniques.
Tous ces éléments, vous les retrouverez dans les rapports des experts nationaux et du système des Nations Unies. Cela amène les analystes à se demander comment après plus de quatre décennies on en soit toujours là ?
Et pourtant il ne sert à rien de se voiler la face. Dans les îles de la lune, nous sommes passés maîtres dans l’art du contournement des difficultés. Nous avons un mal fou à exprimer notre refus de quelque chose. Il faut qu’on nous accule dans nos derniers retranchements pour que nous sortions les griffes tel un fauve.
Prenons l’exemple de la visite technique des voitures. Il suffit de payer le montant exigé par le service des mines pour recevoir le sésame qui montre que votre véhicule est clean sur le plan technique. Le problème est qu’au cours des contrôles par la gendarmerie, beaucoup se retrouvent en infraction avec des clignotants défaillants, des pneus lisses, des leviers de vitesses en piteux états, etc.… Et face à la verbalisation du gendarme, nous crions à l’injustice. On peut se demander à qui la faute dans une situation pareille ?
Finalement, nous nous retrouvons dans ce que nous écrivons depuis des lustres : Notre microcosme étant devenu le cadre où les différentes composantes s’interdisent mutuellement toute expression d’une quelconque originalité ou d’une quelconque combativité.
Mmagaza
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