Le ministère de l’économie a lu avec attention les propos tenus par Mahamoudou Ali Mohamed, dans le journal La Gazette des Comores de ce vendredi 04 juin 2021. Dans ses propos, le patron de CBE fait état entre autres d’une incapacité à promouvoir l’économie, d’une récession enracinée, de lois économiques bafouées et d’un manque de considération envers le secteur privé.
Le patron d’une des entreprises de la place qui a bénéficié de toute la panoplie de mesures d’accompagnement à l’installation, à travers le code des investissements devait être des plus mesurés dans son propos. Le grand écart entre l’entrepreneur et le chef du parti ANC réduite à l’insuffisance politique dans le paysage politique du pays à l’épreuve électorale, s’avère des plus périlleux pour ce patron empêtré dans les méandres de la politique.
Pourtant son secteur d’activité, celui des granulats est un des plus prospères dans le pays, quelque que soit la conjoncture et les chocs économiques qu’il égrène, tel un entrepreneur frappé de pleins fouets ou un économiste distingué de la place. Renseignement pris, le patron de CBE est submergée par la demande de sable concassé et autres granulats. Au point de ne savoir où donner de sa tête de gestionnaire et ci-devant patron issu de la diaspora qui a réussi en affaires. Il faut saluer cette brillante réussite économique.
Ce n’est pas dans les missions du ministère de l’économie d’être entrainé dans les aventures politiques d’un leader d’entreprise. Nous lui laissons dans son exercice de trapézite ! La sagesse relève que les deux ne font pas bon ménage au risque de l’un ou de l’autre. Notre patron a déjà perdu des plumes dans son engagement politique au retour sur investissement des plus incertains.
Le droit de l’information accorde le droit de réponse. Nous en usons de ce droit ici à la suite de l’interview du parton de CBE qui se rêve en ministre de l’économie et des finances, principaux sujets sur lesquels il s’appesantit, l’air de faire un appel du pied, par journal interposé au fumeux gouvernement de transition de l’opposition désunie, dont une faction dite « front commun de l’opposition » dit par voie de presse refuser de cautionner le gouvernement en exil mené par le leader historique de FD, Moustoifa Said Cheikh.
Cet opérateur économique très bien placé pour apprécier en toute honnêteté, nonobstant son opinion politique, la fourniture désormais régulière d’électricité dans notre pays, se perd en conjectures politiciens. La fourniture régulière d’électricité est un résultat économique qui compte et fort apprécié, du citoyen lambda jusqu’à la communauté des affaires du pays. La régularité et la stabilité de ce facteur de production contribue à la dynamique de croissance.
Faire feu de tout bois est le crédo du patron de CBE dans son interview dans lequel, il cite la tenue récente d’élections consulaires régulières, résultat dont il devrait se réjouir, pour indiquer que le ministère de l’économie ne saurait le comptabiliser. Lorsque l’on sait le trésor, au propre comme figuré, déployé par des acteurs du secteur privé, pour faire un holdup électoral des chambres de commerce, puis l’entreprise de sabordage organisé, on comprend aisément de quel côté se range le patron de CBE.
Il est peut-être opportun de rappeler à l’ancien président de la nouvelle OPACO, - organisation patronale dont le nouveau président de l’UCCIA est issu- que le secteur privé fait la grande mue. Il s’est transformé dans le monde en force de propositions pour la création d’emplois, l’amélioration des conditions de vie des citoyens, une offre compétitive de biens et services innovants et une très grande contribution à un meilleur climat des affaires. Ce qui étonne, c’est que le patron interviewé se perd comme à l’accoutumée dans les constats au lieu de faire des propositions, tant en tant qu’opérateur économique que chef d’un parti politique.
Il est de notoriété publique que l’avènement de la pandémie de la covid-19 a frappé de plein fouet toutes les économies du monde. Au point d’avoir plongé toutes les économies du monde, des pays développés jusqu’à ceux en développement dans la récession. Les économies développées sont portées à bout de bras par les Etats endettés au-delà des seuils d’équilibre et de stabilité économique pour sauver entreprises et emplois.
Dans ce contexte de la pandémie à l’échelle mondiale, qui a fini par obérer les résultats et les performances économiques, notre pays, pourtant très exposé aux chocs exogène, du fait de sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur, peut se targuer d’une relative résilience. En effet, avant l’arrivée de la Covid-19, le pays se situait sur une trajectoire de croissance de 4% en 2020, pour n’enregistrer qu’un faible recul, à -0,4% selon les données concordantes des sources nationales et des partenaires. C’est une récession mais de faible amplitude. Si Monsieur MAHAMOUDOU ALI MOHAMED ne veut pas reconnaitre les données économiques étayées par les études, qu’il reconnaisse au moins, en bon croyant, que les Comores ont la baraka et qu’Allah, le Tout Puissant, nous a relativement préservé de l’impact sanitaire et économique de la pandémie . Qu’Il en Soit Lui, remercié dans sa protection, sa bénédiction et sa miséricorde. Du moins la bonne foi et l’honnêteté nous le commande.
Lorsque le patron de CBE évoque une « récession enracinée », c’est à se demander s’il sait ce que recouvre la notion ou s’il s’est documenté sur les résultats économiques du pays. L’accession du Président AZALI à la magistrature suprême depuis 2016, est marquée par la reprise de la croissance. En effet, elle situait à moins de 1% en 2016, soit une quasi récession, pour passer progressivement à en 2017, 3,8% en 2018 puis à 2% en 2019 puis à -0,40% en 2020 dans un contexte du cycle Kenneth et du début de la pandémie de la Covid-19.
Dans un contexte international aux résultats économiques obérés par la pandémie, le déficit structurel du compte courant de la balance des paiements s’est aussi aggravé, passant de -3,2% du PIB en 2019 à -5,9% du PIB en 2020, en relation avec l’accroissement du déficit commercial, la baisse des investissements directs étrangers et des transferts courants publics et privés.
Le déficit budgétaire global hors dons s’est creusé passant de -3,2% du PIB en 2019 à -10,1% du PIB en 2020. Les appuis budgétaires des partenaires, dans un contexte pesant de contraintes ont permis de solder les deux années sans arriérés de salaires de l’administration. Les réformes visant à améliorer les recettes fiscales continuent et enregistrent des résultats probants. L’année 2021 porte toujours la forte marque du paiement régulier des salaires, contribuant ainsi à soutenir la dynamique de croissance du pays, dont une part importante est tirée par la consommation des ménages et de l’entreprise. C’est donc un résultat dont le gouvernement peut s’enorgueillir.
Le recul des revenus du travail rapporté par l’étude l’INSEED sur les impacts de la Covid-19 est à mettre en lien avec la pandémie. Il n’est pas le résultat de politiques économiques délibérés.
Les mesures de restriction diverses ont eu comme dans le reste du monde, un effet économique :
- 71,95% des personnes interrogées déclarent subir les effets négatifs de la crise du COVID-19 et qu’elles ont perdu en moyenne 35,8 à 48,7% des revenus
- 28% des personnes interrogées ont perdu plus de 60% de leurs revenus de leur travail. Cette perte de revenus du travail constitue la 1ère source de difficultés pour les ménages comoriens.
- Les pertes les plus élevées ont surtout concerné les salaires (-47,5% en moyenne) dans le secteur privé en lien avec la perte d’activité conséquence de la pandémie et les revenus tirés de la vente des produits agricoles et de la pêche (-48,7% en moyenne).
- Dans un contexte difficile de la pandémie et ses multiples effets, la sécurité alimentaire de la population autant en offre productive locale qu’en biens importés et ainsi que des approvisionnements extérieurs du pays a été assuré. Il n’a été enregistré aucune pénurie ou rupture d’approvisionnement. L’inflation est restée contenue dans les limites des critères de convergence de la zone Franc. Contribuant ainsi à la stabilité macroéconomique du pays, malgré les effets conjoncturels et le double choc du cyclone et sanitaire de la pandémie mondiale.
- L’étude d’impact conduite par l’INSEEED avec le soutien du PNUD vient d’être présentée au conseil des ministres et sur la base des données recueillies sur l’impact socioéconomique de la pandémie, d’ores et déjà un plan de relance économique est initié dans une démarché d’élaboration. Ainsi, le plan d relance constituera-t-il un instrument de mobilisation des ressources auprès des partenaires pour contribuer à relancer l’économie nationale dans les secteurs les plus touchés dont le premier est celui du tourisme avec l’ensemble des activités liées. Les entreprises du secteur ont été durement touchées avec des pertes de revenus et d’emplois.
- Dans votre secteur Monsieur le Directeur, la demande est restée soutenue, c’est votre entreprise qui n’a pas la capacité structurelle de réponde à la demande ! Paroles de clients ! il est vrai que les mesures prises notamment par l’annulation des cérémonies des grands mariages ont fortement impacté l’activité du bâtiment dans le sous-secteur de la construction avec des pertes de revenus entre 30 et 60%.
- C’est au moyen du guichet « dons » de nos partenaires que nous entendons nous adresser pour financer notre plan de relance économique pour préserver notre performance de la soutenabilité de la dette, située à 35% du PIB tandis que la moyenne africaine se situe à plus de 50%. Il ne faut pas se prendre à rêver d’un levier de la dette ou la politique monétaire pour financer la relance comorienne.
En termes de résultats de la conférence de Paris consacrant le Plan Comores Emergent 2030, la construction engagée désormais du Galawa en fait partie quoi qu’en dise le patron de CBE. Par ailleurs, bénéficiaire du sinistre marché de démolition du joyau de l’hôtellerie nationale pour 300 millions de nos francs. Joli marché pour lui et triste souvenir pour les comoriens ! Pour le ministère cela participe de la promotion économique du pays ainsi que le dispositif du code des investissements déployé au bénéfice des promoteurs, y compris vous-même lorsque vous le fûtes il y a quelques années, à votre installation.
Dans un contexte marqué par la pandémie mondiale de la Covid-19, le travail de suivi de la conférence de Paris continue, par les moyens avec lesquels le monde entier use, faute de pouvoir se déplacer, sans fanfaronner. Des discussions ont abouti qui, à la signature de mémorandums d’entente qui, à des accords fermes. Nous enregistrons un intérêt grandissant et manifeste des investissements directs étrangers vers notre pays. Nous nous gardons des effets d’annonces tonitruants pour réserver aux Comoriens l’annonce du démarrage réel et effectif de chantiers de l’émergence.
Le président AZALI n’en a cure de votre compréhension du rôle et de la place du secteur privé. Lui qui a consacré dans sa vision Comores Emergent 2030, le secteur privé comme le moteur de la croissance et le vecteur du placement du placement de notre pays dans une trajectoire d’émergence à l’horizon 2030.
Nous avons opté résolument pour une économie libérale, promouvant ainsi les investisseurs tant nationaux qu’étrangers. Ce sont eux qui contribueront à la création de richesses et la génération d’emplois donc de revenus. Pas l’Etat ! Celui-ci accompagne et crée les conditions d’une croissance soutenue et durable.
Cette compréhension du rôle des uns et des autres, secteurs privé et public est la seule qui vaille. Dans ce sens, des actes fondateurs sont posés : signature d’un décret (N°20-103/PR du 12 aout 2020) relatif au dialogue public-privé révisant l’ancien et sur proposition des organisations représentatives du secteur privé. De même un protocole d’accord portant sur la régulation économique entre les deux parties consacre un cadre de discussions sur des thèmes précis au cœur des revendications des trois journées de grève des commerçant, dont vous avez échoué, vous et vos acolytes de l’opposition à faire un choux gras politique. Après une suspension liée au contexte de la Covid-19, le dialogue a repris pour parvenir à des solutions idoines sur tous les sujets objet du protocole.
Houmed Msaidié, Ministre de l’Economie
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