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Devoir de Mémoire, l’Union des Comores, cinquantenaire en 2025

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Devoir de Mémoire, l’Union des Comores, cinquantenaire en 2025 © : HZK-LGDC

D’ici 2025, notre pays, célèbrera le cinquantième anniversaire de notre indépendance. Ce jour-là (le 6 Juillet 2025), il y aura une nuit des chefs. L’homme qui proclama d’une manière unilatérale, notre indépendance, qui arracha à la France coloniale, notre liberté et qui le paya de sa propre vie, quelques années après, s’appelle Ahmed Abdallah Abdérémane. Il a été assassiné le 26 novembre 1989 par le mercenaire français BOB DENARD. En juillet donc 2025, Ahmed Abdallah, entrera dans notre Panthéon à nous et nous acclamerons tous ensemble : « Aux grands hommes, la Nation reconnaissante. »


Il y aura ce jour-là, un président qui s’attendrira sur la triste fin des autres présidents comoriens notamment : Ali Soilihe, Said Mohamed Djohar, Mohamed Taki Abdoulkarim et tous les patriotes tombés sur le champ de la lutte pour l’indépendance. Je crois l’entendre dès maintenant et il dira : « Mes chers compatriotes, à vous tous qui ont servi et qui se sont battus pour notre indépendance, en l’occurrence, vous les anciens présidents de la république des Comores, vous les anciens dignitaires de l’Etat, vous les anciens résistants, vous accueillir tous en ce haut lieu de notre mémoire commune et de notre histoire est un acte de réparation. Ce sera juste après le ramadan de l’année 2025, le clou du cinquantenaire. Le chef d’alors rappellera d’une superbe envolée, ce qui a été fait avant l’indépendance, ceux qui ont mené cette lutte et il méditera sur le concept-même d’indépendance : « UHURU » « UMODJA » « Toifa DZIMA ».

Puis, grandiose, il déclarera : Entrez, Messieurs les Présidents, Messieurs les Résistants, à tous les morts pour l’indépendance des Comores, ce sera une forme de réparation. Mais en attendant 2025, et si les actuels gouvernants commençaient à réparer leurs propres erreurs ou leurs propres fautes ! Cela suppose que la Nation passe avant tout autre chose. En cinq ans est-ce possible ? Hélas ! Il ne me semble pas raisonnable de pouvoir envisager autrement. Oui nous devons réparer nos erreurs: la république ne commence pas aujourd’hui. Le chemin parcouru des premiers patriotes, aux dernières réunions lors de la proclamation de l’indépendance, comment le mesurer pour le bas peuple, si on en célébrait que seulement le 6 juillet ?

En 2025, lors du cinquantenaire de notre indépendance, le chef d’alors, se doit d’en montrer au peuple le tracé. Cinquante ans, après avoir proclamé l’indépendance le 6 juillet 1975, le saut en arrière est tellement nécessaire aujourd’hui surtout quand ceux qui ont proclamé cette indépendance, disparaissent un à un sans que l’ETAT, la République leur rend un hommage mérité. « Un communiqué » de la présidence, ça suffit ! Faut-il vraiment que je précise qu’on n’enterre pas un historique de la taille de Mouzawar Abdallah comme un homme sans nom ?

Mouzawar a aidé, à la convocation à la chambre des députés du 6 juillet 1975, tous les élus du peuple à s’exprimer en langue comorienne, pour faciliter le processus de la déclaration de notre indépendance. Depuis cette date, les potes mais aussi les officiels se donnent rendez-vous. Ils se rencontrent, s’égaient, s’étourdissent, s’enivrent de rythmes et de sons, dansent sous les projecteurs face aux écrans géants, dans l’environnement qui leur va, leur joie d’être ensemble et de dire, de leurs bouches et de leurs corps, merci, Messieurs les députés d’avoir proclamé cette indépendance.

« Le communiqué de la Présidence », le message sans contenu, était donc insuffisant.

Quelques lignes d’explication sur l’homme. Lisibles ? Admettons. On pouvait donc savoir qu’il avait plus que les autres, servi l’Etat et la Nation. Aussi simple et précis que cela et on ne va pas en faire un drame, mais autant de rappeler que l’histoire de notre pays ne commence pas avec l’actuel pouvoir et qu’on ne gomme pas les mérites des adversaires politiques quelle que soit leur tendance.

Pouvait-on faire mieux pour ce leader Politique « CHEHOU ? » Oui je pense. Cependant, oublions par décence, que nulle radio nationale, ni la télévision non plus, ne trouve opportun de rappeler un mot, d’une image, l’année 1975, notamment le 6 juillet, ce que Mouzawar a fait à la chambre des députés, lors du vote de la proclamation de l’Indépendance.

Vous me direz, c’est normal ; il fallait bien trier dans les éphémérides, le tirer du silence à l’insignifiant et au négligeable. Au milieu donc de ce silence d’ETAT dont MOUZAWAR ABDALLAH est aujourd’hui victime, les journalistes, la classe politique, pouvaient-ils faire mieux qu’ils ne firent lors de l’enterrement ? De toute évidence, non. Comment pouvaient-ils savoir à l’avance que l’ETAT allait garder silence après la disparition de cet homme qui incarne une partie de notre histoire ? L’Union des Comores, seule !

Djaffar MMADI, Professeur des Universités, Ancien Ministre

 


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