Une vidéo partagée sur les réseaux sociaux fait polémique tant à l'intérieur du pays qu’à l’extérieur. Des tam-tams au cimetière où est inhumé l'ancien Mufti Said Toihir Maoulana, sont filmés et diffusés sur Facebook. Certains internautes disent que cela est permis en Islam et d’autres condamnent cette pratique.
Dans l'après-midi du jeudi 15 avril dernier, certains fidèles et proches de Said Toihir, ancien Mufti s’étaient réunis autour de la tombe de ce dernier pour, disent-ils, prier et demander pour lui la clémence et la miséricorde divines. Les organisateurs de cette forme inédite de prière au rythme du tam-tam, a visiblement choqué certains esprits. Les images qui sont postées sur les réseaux sociaux dès le lendemain ont suscité de vives critiques au sein des milieux religieux tant au pays qu’à l'extérieur. Certains Ouléma ne valident cet acte, le qualifiant d’innovant alors que le prophète, selon eux, interdit l’innovation dans les actes d’adoration de dieu.
« C'est strictement interdit d’ajouter ou de supprimer une recommandation dictée par le prophète », explique Saifidine Mbaé doctorant en théorie islamique à l’université du Soudan. Et lui d’ajouter que le prophète nous a enseigné ce qu’il faut dire lorsque on s’approche des cimetières ou d’une tombe. Mais « il n’a jamais parlé ni utilisé un tam-tam », précise à son tour le prédicateur Said Mohamed Djibril. « l’utilisation des tam-tams est permis seulement dans les cérémonies de mariage. Comment peut-on exprimer une réjouissance dans un cimetière ? » se demande-t-il.
Pour d’autres oulémas, il n’y a pas d’inconvénient au chant des tam-tams au cimetière. Parmi eux, le Dr Abdoulhakim Mohamed Chakir. Ce vice-Mufti (qui ne s’exprime pas au nom du Muftorat) ne trouve aucune interdiction par la religion. « Tant que je ne trouve pas une preuve (Dalilou) authentique, un verset ou une parole du prophète interdisant l’utilisation des tam-tams au cimetière, j’estime qu’il n'est pas illicite (haram) ni mouvais (Karaha) », avance-t-il, lors de son Darsa (traduction du Coran) à la mosquée de M'beni.
Pendant deux jours, Dr Abdoulhakim a commenté à la fin de son Darsa sur cette fameuse vidéo. Il a toutefois conseillé aux enfants du défunts mufti de ne plus le faire car, cela ne fait pas partie des traditions comoriennes. Donc c’est tout à fait normal qu’il y ait des interrogations. A noter que parmi les organisateurs des tam-tams, se trouve le fils de l’ancien mufti qui continue à se défendre dans les réseaux sociaux, en affirmant que le mufti le faisait devant la tombe de ses ancêtres.
Ibnou M. Abdou
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