101 ans se sont écoulées depuis la fin de la Première Guerre mondiale communément appelée la Grande Guerre, et également suivi de la signature par les belligérants de l’armistice. Ce dernier fut signé le 11 novembre 1918 à 05 h15 du matin, dans la foret de Compiègne à la Gare de la Rethondes.
Durant cette Guerre, prés de 180 000 tirailleurs africains qui composaient la "Force Noire" (Nom du livre écrit par Antoine Champeaux) et expression employée par le fameux général Charles Mangin sont mobilisés dont des centaines de comoriens et envoyés sur les fronts aussi bien en Europe et en Orient pour se battre aux cotés de leurs frères d’armes, les français. Ils avaient la ferme conviction de défendre l’empire français et la mère patrie.
Ces "soldats valeureux comoriens" comme on le disait à l’époque, sont en grande partie oubliés par les historiens car en partie intégrés aux tirailleurs malgaches et somalis (Tirailleurs somalis). Ces derniers ont combattus en 1916 dans des batailles plus meurtrières, à l’exemple de l’enfer de Verdun ou aux Dardanelles (Turquie). A part le front, une partie des africains travaille également dans les usines de guerre ou réparent les routes qui servaient aux convois des militaires : c’est le cas de nombreux comoriens à partir de 1916 - 1917. Il faut noter que certains d’entre eux sont morts aux combats et d’autres souffrant de nombreuses maladies liées aux conditions climatiques.
Cependant, à la fin de cette Grande Guerre, de retour en Afrique et aux Comores en particulier, certains parmi eux deviennent les portes paroles des revendications d’égalité et de liberté. Ils avaient quelques facilités à s’insérer dans la société et parfois coopérer aisément avec les autorités coloniales de l’époque. Des rapports d’époque soulignent l’attitude du comorien : « le Comorien qui possède une instruction asiatique quelquefois assez étendue qui l’approche de l’Algérien peut, en étant bien choisi dans un certain milieu et après quelques années d’études françaises, arriver à faire un officier d’une certaine valeur. Toutefois, il faut considérer que le Comorien et le Malgache ne peuvent jamais vivre en commun sans grosse difficulté. » Un autre rapport rappelle que « le tirailleur comorien se rapproche du Bambara, il est robuste, bien encadré, il obéit à son chef au combat »
En outre, cette guerre laisse aussi des traces profondes dans nos sociétés africaines et elle marque un tournant dans la volonté d’émancipation de ceux qui ont participé. En effet, les tirailleurs somalis et comoriens ont payé le prix du sang, estiment que la patrie doit leur réserver une place importante dans les colonies et surtout étendre la citoyenneté. Tous ces tirailleurs réclament comme l’avait formulé GALANDOU Diouf, futur député du Sénégal, à la une de l’Indépendant Sénégalais « l’égalité dans la société, comme dans les tranchées devant la mort ».
Et aujourd’hui, quel travail de mémoire pour ces centaines de comoriens morts aux fronts? Quelles lègues aux familles des victimes ? Il faut rappeler qu’une stèle a été érigée à la place des Banque, à l’entrée de la préfecture de Moroni, en mémoire des comoriens perdus lors de cette Grande Guerre. Un travail de mémoire à été aussi réalisé conjointement entre l’Ecole Française Henri Matisse et le Groupe Scolaire Foundi Abdoulhamid en 2014 lors du centenaire du déclenchement de cette guerre : Un livre d’Histoire publié par KomEDIT « Les tirailleurs comoriens de la Première Guerre mondiale, 1914 – 1918 » et un documentaire vidéo réalisé par le cinéaste Mahamoud Ibrahim pour rendre hommage à ces tirailleurs comoriens.
FARIDY Norbert, Enseignant d’Histoire – Géographie au Lycée de Moroni
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