La Gazette

des Comores

A ne rien faire, on peut arriver à croire qu'il n'y a rien à faire

A ne rien faire, on peut arriver à croire qu'il n'y a rien à faire © : HZK-LGDC

A l'heure de la mondialisation, de l'Internet et du village planétaire, jamais la désinformation n'a été aussi grande. Même dans nos minuscules îles de la lune, nous n'échappons pas à cette déferlante. A cette désinformation ambiante s'ajoute, chez nous, une propension à rajouter, à faire monter la sauce comme on dit sur le continent.


Certains, se sont même spécialisés dans le colportage de ces informations sans lendemain, mais qui ont des conséquences fâcheuses dans la bonne marche de notre société. Nous sommes arrivés à un stade où nous pouvons, raisonnablement, nous demander qui fait confiance à qui dans la mesure où, dans tous les cercles de tous les pouvoirs, l'on fait, la plupart du temps, plus confiance à ces ragots qu'aux faits eux-mêmes. Dire du mal les uns les autres est devenu un sport national.

 

On se lève le matin et on se demande ce que l'on peut bien inventer pour bénéficier des faveurs d'un tel ou d'un tel. Comment dans un si petit espace, l'on arrive à dire autant de choses et leurs contraires à la fois ? Chaque membre du microcosme dispose de ses réseaux qui distillent les nouvelles d'en haut et celles d'en bas. Car, dans ce milieu, il faut montrer que l'on est au courant du moindre bourdonnement qui grouille dans toute la société. Ceux qui bénéficient de ces informations d'un jour, ont le sentiment d'avoir la maîtrise des événements.

 

La palabre est loin d'avoir épuisé ses ressources, car c'est d'elle que jailli ces flots incessants de paroles en l'air ; sans jeux de mots. Les îles de la lune ont dans ce domaine une longueur d'avance sur leurs concurrents. Et comme aimait à le dire un personnage de chez nous, « la langue n'a pas d'os » et l’on peut ajouter que ce n'est pas demain la veille que « les poules auront des dents. »

 

Dans un autre chapitre, un grand politicien du microcosme, à qui l'on demandait le secret de sa longévité dans l'arène politique, disait qu'il compare toujours la politique au ngoma ya nyombe, le fameux tam-tam boeuf. C'est une stratégie ou une tactique qui semble porter ses fruits dans nos îles de la lune.

 

Nous constatons qu'aujourd'hui, loin d'être la stratégie d'un solitaire, elle semble avoir fait des émules parmi nos compatriotes, qui prennent la mesure du temps perdu à vouloir affronter des forces, qui la plupart du temps sont disproportionnées. Ceci, pour rappeler à certains de nos grands esprits, de méditer un peu sur la finesse et l'esprit de compromis qu'il convient de faire dans nos minuscules îles. Nous écrivons toujours, qu'il est essentiel de pouvoir avancer chaque jour et poser des jalons, si petits soient-ils.

 

A ne rien faire, on peut arriver à croire qu'il n'y a rien à faire, disait quelqu'un quelque part. Chez nous, sous le soleil, que certains nous envient tant, nous avons toutes les peines du monde à nous mettre d'accord sur le chemin à prendre, pour une destinée, qui ne peut-être, que commune. Pour l’heure, on est loin du compte.

 

Mmagaza

 


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