C’est en tout cas le chiffre avancé par la Banque Centrale des Comores lors d’une réunion du Comité de Politique Monétaire et de Gestion des Réserves, le 09 janvier dernier. Un matelas de sécurité, dans un contexte géopolitique mondiale des plus fragiles. Si la banque des banques juge que la conjoncture mondiale devrait garder une certaine stabilité aux alentours de 3,2% à 3,3% de croissance, les agissements des puissances militaires ne sont pas de nature à inspirer confiance pour la suite des événements. Une hausse brusque des prix à la pompe, Venezuela oblige, pourrait changer la donne au niveau des petits états fragiles.
« Conformément à son mandat, le CPM a également examiné l'état des réserves de change et a noté que celles-ci se situeraient à l'équivalent d'environ huit mois d'importations de biens et services à fin septembre 2025, traduisant le maintien d'une position extérieure globalement favorable », lit-on dans un communiqué de la Banque Centrale des Comores en date du 09 janvier dernier. Des réserves qui sont demeurées stables tout au long des dernières années d’exercices budgétaires avec une légère baisse pour 2025, par rapport à 2024 et les années précédentes où les chiffres officiels tournaient aux alentours de 9 mois, les réserves en importations. Autre point discuté lors de cette réunion de haut niveau, où a pris part le gouverneur de la BCC, concerne la baisse de l’inflation constatée depuis 2023.
Selon le rapport pays de la Banque Africaine de Développement, cette baisse est due à une politique de restriction mise en place par la BCC. « La baisse de l’inflation est attribuable à la politique monétaire restrictive de la Banque centrale des Comores (BCC). La hausse des prix, due à des chocs multiples, a surtout été occasionnée par l’importation des denrées alimentaires et des carburants. La restriction de la politique s’est matérialisée par la limitation de la croissance de la masse monétaire à 7% en 2024 contre 8,7% en 2023 ». Et la Banque Centrale de nous donner les perspectives de baisse de l’inflation pour l’année 2025. « En glissement annuel le CPM a relevé une décélération du rythme de progression des prix, avec une inflation ressortie à 2,1% au troisième trimestre 2025, après 2,3% au trimestre précèdent. L’inflation moyenne sur l'ensemble de l'année 2025 est attendue à 3,3%, après 5,1% en 2024 ».
Dans ce même communiqué, la Banque Centrale a aussi passé en revue l’état des échanges extérieurs du pays. « Les échanges extérieurs ont enregistré une hausse de 3,7%, portée par la forte progression des exportations (+50,6% permettant une réduction du déficit commercial d'environ 7 milliards FC ». Néanmoins, la BAD attire l’attention sur la faiblesse du secteur privé, qui devrait au demeurant être le moteur de la croissance économique du pays. « Le secteur privé, principalement composé de petites entreprises informelles, peine à jouer pleinement son rôle de moteur de croissance. Les contraintes d’accès au financement, la faible attractivité du climat des affaires et l’absence de mécanismes de soutien efficaces retardent l’entrepreneuriat local ». A l’Etat et à la Banque Centrale des Comores de voir comment changer cette dynamique, pour permettre au secteur privé de jouer pleinement son rôle de moteur dans le développement du pays.
Imtiyaz
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