Les opérateurs économiques ont rencontré hier jeudi le directeur de cabinet du président de la république, le vice-président en charge de l’Economie et le ministre des Finances. Les discussions portaient sur la baisse des prix des produits carnés. Le patronat comorien demandait au gouvernement de faire une compensation sur chaque conteneur de viande ou de poulet en contre partie de toute baisse des prix aux consommateurs. Au terme d’une longue discussion, les deux parties sont parvenues à un accord de sortie de crise. Un accord qui prévoit une réactualisation des prix des produits carnés, tenant compte d’une compensation des importateurs sur leur manque à gagner, et ce dans un souci partagé d’assouplir les conditions de vie des comoriens.
Mercredi dernier voire même hier jeudi, certains importateurs de produits carnés ont décidé de ne plus vendre la viande de bœuf et de poulet au motif que le gouvernement veut leur imposer le maintien, de façon unilatérale, des prix appliqués durant le mois de ramadan. Hier jeudi, les opérateurs économiques ont rencontré le ministre de l'Intérieur, le directeur de cabinet du vice-président chargé de l'Economie et l'ensemble du cabinet du président pour discuter de la pertinence de poursuivre les mesures de baisse.
« Dès le départ, il y avait un problème juridique. Mais on était au mois de ramadan, un mois sacré et on a accepté. Le collectif des importateurs de produits carnés avait compris comme cela se fait tous les ans que les mesures étaient limitées au mois de ramadan. Aussi, la poursuite de ces mesures non prévues par la loi sur la concurrence en Union des Comores exige des nouvelles discussions pour éviter des crises inutiles », affirme Hamidou Mhoma, le vice-président du Mouvement des Entreprises Comorien, avant d’ajouter qu' « il faut qu’il y ait une concertation entre les acteurs concernés et les autorités pour trouver une solution pérenne ».
Sur les discussions entamées hier jeudi, les opérateurs économiques demandent une compensation sur chaque conteneur de viande et de poulet. « Nous avons fait certaines demandes mais jusque là, rien n’est encore concret. On poursuit les négociations », ajoute-t-il. Les discussions se poursuivent entre les deux camps pour arrêter les mesures définitives. « Le secteur privé est disposé à accompagner le gouvernement dans le respect des lois et dans la concertation. Le souci d'alléger les conditions de vie des comoriens est largement partagé », poursuit-il.
Interrogé sur cette question de baisse des prix des produits carnés, un importateur reste convaincu que le gouvernement n’a pas respecté ses engagements. « La baisse des prix au mois de ramadan n’était pas prévue de continuer », confie un importateur de la place. « Nous estimons avoir respecté notre accord contrairement au gouvernement, et nous revenons à nos prix habituels ».
Ce dernier fustige le mépris des autorités envers le monde des affaires. « Comment peut-on décider de façon autoritaire des prix sur le marché sans tenir compte de la situation des importateurs et des commerçants », précise-t-il, avant de souligner que « il y a une contradiction entre le discours officiel du chef de l’État et ce qui se passe sur le terrain. Pour l’instant, le gouvernement veut que ces mesures continuent par tous les moyens, y compris coercitifs par la fermeture des magasins par la police.
Mohamed Youssouf
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