Le Fonds Monétaire International alerte sur les déséquilibres du système de retraite aux Comores, où seule une minorité de la population bénéficie d’une protection sociale. Si la Caisse de Retraite des Comores joue un rôle central, le FMI appelle à des réformes urgentes pour assurer sa viabilité et la cohésion sociale du pays.
Dans un récent rapport, le Fonds Monétaire International (FMI) a analysé la couverture de la protection sociale aux Comores, qui reste quasi inexistante, ne touchant qu’environ 3% de la population. Parallèlement, l’institution de Bretton Woods a salué le rôle central de la Caisse de Retraite des Comores (CRC), tout en soulignant les risques liés aux déséquilibres persistants du système. Ce travail, réalisé en collaboration avec l’Organisation Internationale du Travail (OIT), évalue notamment : « Les perspectives des régimes à prestations définies de la CRC et les principales sources de vulnérabilité financière du système. » Le rapport pointe la faiblesse de la couverture sociale aux Comores : seulement 3% de la population bénéficie d’au moins une branche du système en 2022, hors secteur santé. Ce chiffre est nettement inférieur à la moyenne des pays à faible revenu (PFR), qui s’élève à 9,7%.
Si le FMI note un point positif concernant le taux de cotisation aux retraites, il dénonce l’accès limité aux prestations pour certaines catégories, notamment les personnes âgées : « Les personnes âgées et d’autres groupes restent comparativement peu couvertes. » Cette situation est principalement liée à la prépondérance du secteur informel, qui représente environ 88% de la population active, et à l’insuffisance de la réglementation. Actuellement, la CRC reste le seul cadre formel de protection sociale aux Comores. Mais sa pérennité est incertaine si des réformes ne sont pas entreprises. Le rapport souligne la nécessité de respecter les engagements pris lors de la ratification de la Convention n°102 de l’OIT (2024), qui reprend les normes minimales de 1952 en matière de sécurité sociale. Cette convention repose sur le principe d’universalité, permettant à chacun de bénéficier d’une protection minimale.
Aux Comores, elle couvre neuf axes majeurs, dont l’invalidité, les prestations familiales, les indemnités vieillesse, la maternité ou les prestations en cas de décès. Actuellement, la CRC ne prévoit que trois catégories de protection : vieillesse, invalidité et décès. Le rapport conclut en appelant les autorités nationales à entreprendre des réformes urgentes pour assurer la viabilité de la CRC. Le FMI insiste sur le fait que le financement à long terme des retraites n’est pas seulement un enjeu actuariel, mais un élément central de la cohésion sociale et économique du pays : « La réforme de la Caisse des retraites contribuera à préserver les revenus des retraités, à rétablir la confiance dans les institutions et à élargir les efforts de modernisation de l’État. » Pour consulter l’intégralité du rapport : IMF – Union of the Comoros: Selected Issues
Imtiyaz
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC