Une trentaine de cadres issus des différentes directions ministérielles et institutions bancaires de Mohéli ont bénéficié d’une formation de deux jours sur la dissémination du nouveau règlement de gestion budgétaire et de comptabilité publique (RGBCP). Organisée par le ministère des Finances, avec le soutien financier de l’Union européenne, cette session s’est tenue du 15 au 16 avril à l’hôtel Faradel de Fomboni, dans le cadre du Projet d’appui à la gouvernance financière (PAGF).
Cette formation s’inscrit dans un programme structuré en trois volets : l’amélioration des recettes intérieures, le renforcement des capacités des agents du ministère des Finances et l’optimisation de la chaîne des dépenses publiques. Elle visait à informer et sensibiliser les participants sur le décret n°24-060/PR du 11 mai 2024, actualisant le règlement en vigueur et introduisant des normes de gestion conformes aux meilleures pratiques internationales. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de plusieurs autorités, dont le secrétaire général du gouvernorat de Mohéli, le directeur de cabinet du ministère des Finances, le coordinateur du projet PAGF ainsi que des représentants d’institutions publiques locales.
Dans le cadre du PAGF, des experts internationaux, assistés d’un consultant national, ont été chargés de l’élaboration du nouveau règlement budgétaire applicable aux institutions de l’Union, des îles et des communes. Le coordinateur du projet a souligné les faiblesses de l’ancien cadre réglementaire, le RGCP, dont la mise en œuvre laissait à désirer. Selon lui, l’adoption du nouveau décret était devenue indispensable pour garantir une gestion rigoureuse, transparente et conforme aux standards internationaux. Le directeur de cabinet du ministère des Finances, Saïd Abdallah Abdou El Karem, a rappelé que cette réforme avait déjà été vulgarisée à Ngazidja, Anjouan et Mohéli, insistant sur la nécessité pour les ordonnateurs et comptables de s’approprier ce nouvel outil.
« Celui qui ne respecte pas ces nouvelles normes s’expose à des sanctions. C’est ce que prévoit la loi. Si nous ne respectons pas les règles d’une bonne gestion financière et de sécurisation des fonds publics, nos partenaires internationaux, comme la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou l’Agence française de développement, pourraient refuser de nous accompagner », a-t-il averti. Il a par ailleurs précisé que cette révision répond à plusieurs enjeux, notamment l’évolution technologique avec la généralisation des transactions numériques, l’adoption de la loi sur les opérations financières de l’État (LOFE) de 2012, révisée en 2022, et les lois relatives à la décentralisation du secteur public local. Toutefois, certaines critiques se font entendre au sujet du décret, particulièrement sur la question de la décentralisation administrative. « Depuis que la gestion de la fonction publique est centralisée à Moroni, l’administration insulaire de Mwali est paralysée. Rien ne fonctionne comme avant », déplore Ahmed Malida, directeur régional du budget.
Riwad
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