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des Comores

Finances publiques : Les Comores plaident pour une souveraineté budgétaire renforcée

Finances publiques : Les Comores plaident pour une souveraineté budgétaire renforcée © : HZK-LGDC

Réunis à Abu Dhabi les 21 et 22 janvier pour la 11ᵉ réunion annuelle des secrétaires généraux des ministères des Finances des pays arabes, les responsables financiers ont débattu des défis de l’efficacité des finances publiques. À cette occasion, Dhoihirdine Ahamada Bacar, secrétaire général du ministère comorien des Finances, a défendu une vision fondée sur la mobilisation des ressources internes, la justice fiscale et la maîtrise des dépenses, présentées comme des leviers essentiels de souveraineté et de croissance durable.


Réunie sous l’égide du Fonds monétaire arabe (FMA), la 11ᵉ réunion des secrétaires généraux des ministères des Finances des pays arabes a offert à l’Union des Comores une tribune stratégique pour porter un message clair : l’efficacité des finances publiques constitue désormais un impératif de souveraineté économique. À Abu Dhabi, Moroni a défendu une approche budgétaire axée sur la responsabilité, l’équité et la résilience. Dans son intervention, le secrétaire général du ministère des Finances,Dhoihirdine Ahamada Bacar a souligné que les finances publiques ne relèvent pas uniquement de choix techniques, mais traduisent la capacité d’un État à orienter son développement, à protéger les populations vulnérables et à créer les conditions d’une croissance durable. Pour les Comores, petit État insulaire classé parmi les pays les moins avancés, cette question revêt une dimension stratégique face aux chocs climatiques et économiques récurrents.

 

Inscrit dans le cadre du programme Comores Émergent à l’horizon 2030, le pays ambitionne une croissance économique d’environ 4,5 % du PIB pour la période 2025-2026. Toutefois, ces perspectives restent étroitement liées à l’accès aux financements extérieurs, soumis à des contraintes de plus en plus fortes. Face à cette réalité, les autorités comoriennes ont fait le choix de renforcer durablement la mobilisation des ressources internes. La modernisation du système fiscal constitue le pilier central de cette stratégie. Plutôt que d’augmenter la pression fiscale, l’accent est mis sur l’élargissement de l’assiette, la restauration de l’équité et la lutte contre les inégalités. Cette démarche repose sur la modernisation des administrations fiscale et douanière, la digitalisation progressive des procédures, l’amélioration de l’identification des contribuables et un contrôle fiscal basé sur l’analyse du risque.

 

Ces réformes ont permis de sécuriser les recettes intérieures, d’améliorer la conformité volontaire et de renforcer la confiance entre l’État et les citoyens. Le contrôle fiscal est désormais conçu comme un outil de justice fiscale, visant à rétablir l’équilibre plutôt qu’à sanctionner. Parallèlement, la maîtrise des dépenses publiques constitue un autre axe majeur. Les autorités comoriennes œuvrent à la rationalisation budgétaire, à la réduction des dépenses peu productives et au recentrage des ressources vers l’investissement, le capital humain et les priorités sociales. Les exonérations fiscales font également l’objet d’une évaluation rigoureuse.

 

Enfin, l’adoption d’une loi encadrant les opérations financières de l’État renforce la transparence, la discipline budgétaire et la gouvernance, en conformité avec les standards internationaux. En conclusion, l’Union des Comores a plaidé pour une coopération régionale renforcée, soulignant le rôle déterminant du Fonds monétaire arabe dans l’accompagnement des réformes et la consolidation d’une souveraineté économique durable.

 

Riwad

 


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