C’est en tout cas ce qu’on a cru comprendre lors de la passation de services entre le nouveau et l’ancien argentier de l’État, Ibrahim Mohamed Abdourazak. Plus que les mots, le technocrate, désormais ex-ministre des finances a égrené une série de réformes qu’il a mises en place depuis sa nomination en juillet 2024 jusqu’à son départ du ministère des finances, qui vont permettre, si elles sont rendues pérennes, de garantir à l’État de souffler sur ce qui est de la mobilisation des recettes.
« Nous avons mis plusieurs réformes en place durant les 20 mois de notre passage à ce ministère », s’est exprimé l’ancien ministre des finances, samedi dernier lors de la passation de services. Arrivé au ministère des finances le 1er juillet 2024, il part avec le sentiment d’avoir essayé de porter avec dignité malgré les difficultés structurelles, les charges que lui avait confié le chef de l’Etat. Suivant son raisonnement, il a essayé durant son mandat de minimiser le creusement de la dette de l’Etat en privilégiant la mobilisation des recettes internes notamment en innovant certaines pratiques, qui étaient jusque-là ancrées dans le conscient collectif. « Quand nous sommes arrivés aux affaires, la première des choses que nous avons mise en place est la réforme du RAU, qui était considérée comme une galette, que tout le monde pouvait se la partager » devait-il annoncer en substance. Et de rajouter : « vous savez que nous sommes dans un pays où nous avons du mal à mobiliser les ressources. Nous avons avec les techniciens de mon ministère divisé le RAU en deux tranches : 60% allait sur un compte pour appuyer les investissements de l’Etat, et 40% pour les services dédiés (ceux qui collectent les impôts) ».
Tout se faisait dans le but ultime de réduire la dépendance de l’Etat aux aides au développement venues de l’extérieur. Pour illustrer ses mots, l’ex-argentier de d’Etat a vanté les mérites de ses services d’avoir su mobiliser 10 milliards de francs au niveau des services de douanes, et un peu plus de 5 milliards au niveau des impôts en 2025. « Ce qui équivaut à deux appuis budgétaires, 10 milliards de la Banque Mondiale, et un peu plus de 4 milliards pour la Banque Africaine de Développement ». S’il n’a pas répondu directement aux attaques dont il était la cible ces derniers temps, sur son incapacité à mobiliser des fonds, il a donné néanmoins une idée sur ce qui était ses priorités durant son passage au ministère des finances.
« Nous avons élargi la base de notre assiette fiscale de 20% chaque année. Et nous avons pu mettre en place pour la première fois dans ce pays le rapport national de performance des sociétés d’Etat ». Le recours aux investissements internes est une quête jamais atteinte par les économies fragiles, pourtant nécessaire pour arriver à réduire le taux d’endettement de l’Etat, fusse pour des dettes confessionnelles, mais il est inscrit comme l’une des remèdes pour permettre à nos pays de retrouver un certain équilibre macroéconomique. Parvenir à élargir l’assiette fiscale passe aussi par la participation des autres services de l’Etat au niveau des îles. La mise en place récemment d’une Direction des Opérations Financières (DOF), qui dépend directement de la direction des impôts à Anjouan bien que passée inaperçue, reste une bonne chose dans cette perspective. Bien que jamais chiffré, le manque à gagner de la mobilisation des recettes à Anjouan reste un véritable gouffre pour l’Etat comorien. La réussite de cette réforme dans les îles pourra aider le pays à augmenter les recettes de l’Etat, mais aussi réduire un peu cette dépendance aux aides extérieures.
Imtiyaz
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC