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des Comores

Croissance, inflation, ce que révèle le rapport 2025 de la Bcc

Croissance, inflation, ce que révèle le rapport 2025 de la Bcc © : HZK-LGDC

Comme chaque année, le gouverneur de la Banque centrale des Comores, Dr Younoussa Imani, après avoir remis au chef de l’Etat le rapport d’activités de l’année 2025, a convié la presse pour dévoiler au grand public les principaux indicateurs macroéconomiques. Et à en croire le rapport, le pays améliore sa croissance et enregistre une baisse de l’inflation malgré un contexte international instable.


La Banque des banques indique que la croissance enregistrée au 31 décembre 2025, est la meilleure depuis cinq ans, avec 3,8% en 2025, contre 3,3% l’année précédente. Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, la forme athlétique de cette croissance serait tirée exclusivement par la demande intérieure. “En effet, dans un contexte de net recul de l’inflation, la consommation finale des ménages a progressé de 3,2% en 2025, soutenue par un niveau confortable des transferts de la diaspora (+6%)”, explique la BCC. Dans son analyse sectorielle de cette croissance, le rapport met en avant l’apport majeur du secteur secondaire. « Le secteur secondaire a enregistré la meilleure performance en 2025 avec une croissance de 5,3% de sa valeur ajoutée portée essentiellement par les activités de construction, notamment les chantiers d’infrastructures en vue de la préparation des jeux des îles de l’océan indien en 2027 », peut-on lire dans le document, mais aussi les secteurs primaire et tertiaire, qui ont boosté l’économie du pays, avec des croissances respectives de 3,5% et 3,6% de leur valeur ajoutée en 2025 après 3,2% en 2024.

Sur l’inflation, là aussi les feux sont au vert, avec presque une baisse de deux points entre 2024 (5,1%) et 2025 (3,3%), selon le rapport. “En 2025, le marché des biens et services a tiré profit du dynamisme de l’activité, essentiellement soutenue par le recul du prix de l’énergie” précise la BCC qui évalue l’inflation à 3,3% contre 5,1% en 2024. En ce qui concerne l’alimentation, on note aussi une baisse conséquente qui « s’explique par la baisse de la demande au deuxième trimestre combinée à la baisse des cours mondiaux des produits alimentaires. Dans l’ensemble, l’inflation alimentaire est estimée à 4,1% en 2025 contre 7,4% en 2024. »

Mais derrière ces chiffres encourageants, l’amélioration reste encore difficilement perceptible dans le quotidien des ménages. Car une baisse de l’inflation ne signifie pas une baisse des prix : elle signifie que ceux-ci augmentent moins vite. Après plusieurs années de fortes hausses, notamment sur les produits alimentaires, les prix restent donc à un niveau élevé. Par ailleurs, la forte dépendance des Comores aux importations rend les prix particulièrement sensibles aux coûts du transport et fret, aux cours mondiaux et aux variations de l’offre. La baisse de l’inflation améliore ainsi la stabilité des prix, mais elle ne restaure pas automatiquement le pouvoir d’achat perdu. Pour que les ménages ressentent véritablement cette amélioration, il faudrait que les revenus progressent durablement plus vite que les prix. 

La BCC tire aussi la sonnette d’alarme sur la baisse des dépôts de l’Etat. Ce qui a eu comme conséquence d’augmenter l’encours de l’Etat. « L’encours des crédits accordés à l’Etat s’élève à 54,5 milliards FC à fin décembre 2025 contre 52,4 milliards FC à fin décembre 2024, soit (+4,0 %). » Une situation qui n’explique pas forcément augmentation de la dette publique, mais la baisse des dépôts accentue la progression de l’exposition nette du système bancaire envers l’État. La solution parmi tant d’autres et que l’Etat puisse améliorer le recouvrement des recettes et la gestion de trésorerie afin qu’il dispose davantage de liquidités dans ses comptes pour éviter systématiquement de recourir aux banques.

Imtiyaz

 

 


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