Face aux conséquences économiques de la crise au Moyen-Orient et à la hausse mondiale des prix des hydrocarbures, le gouvernement comorien a mis en place plusieurs mesures pour protéger la population et préserver les équilibres économiques. Des mesures qui sont diversement appréciées, mais qui sont, avouons-le, noyées par la décision controversée d’augmenter le prix à la pompe de 35%.
Pour endiguer la hausse du prix des carburants, le gouvernement a adopté une série d’actions visant à préserver le pouvoir d’achat des ménages. « Réduction de 40% des droits de douane sur plusieurs produits de première nécessité (PPN) comme le riz, la farine, le sucre, les huiles alimentaires, les volailles, les produits carnés et les médicaments » lit-on sur une tribune du secrétaire général du gouvernement envoyée aux organes de presse. Dans cette tribune, le coordinateur de l’action gouvernementale est aussi revenu sur le débat sur la possibilité d’une revalorisation indiciaire des fonctionnaires de l’Etat « Le débat mérite d’être posé avec sérieux. Encore faut-il en examiner les modalités, le périmètre et la soutenabilité budgétaire. »
Pour ces mesures d’accompagnement, le Gouvernement prévoit en tout de mobiliser près de 10,3 milliards de francs comoriens sur une période de trois mois pour le financement de ces mesures d’accompagnement, notamment l’extension des bénéficiaires des filets sociaux « Extension de l’aide sociale aux ménages vulnérables à travers le projet Filets sociaux, qui doit accompagner environ 40 000 à 60 000 ménages », selon le SGG. Autre annonce de la part du gouvernement, le « Soutien aux boulangers pour limiter les coûts de production et empêcher une augmentation excessive du prix du pain. » Une phrase qui sous-entend, qu’une augmentation du prix du pain est envisageable dans les prochains jours. En outre, le gouvernement a annoncé des mesures d’austérité et des efforts de l’administration dans le sens d’une plus grande solidarité avec les plus impactés par la crise, comme la réduction de « 50% des indemnités des hauts responsables et dirigeants des sociétés d’État », ou encore la diminution des dotations de carburant.
Parmi les efforts annoncés, une « limitation des voyages officiels à l’étranger » des autorités. Si ces mesures semblent aller dans le bon sens, une question demeure. Comment le gouvernement compte-t-il redistribuer ces coupes. Au demeurant que ce que cela représente en terme de chiffre. Font-elles partis des dix milliards annoncés par le gouvernement. Sur la communication gouvernementale, on notera aussi l’absence d’explications sur l’impact direct de ces mesures sur le panier de la ménagère. Par exemple sur les 40% de remise douanières, est-ce que cela peut ramener le kilo d’aile de poulet à 1000 FC/kg, pour compenser par exemple la hausse du prix du pétrole lampant, qui est désormais de 450 le litre.
Malgré ces mesures, pour la petite anecdote, cela n’a pas empêché le chef de l’Etat de s’envoler peu après l’annonce de ces mesures, avec encore, une forte délégation pour Nairobi, où il doit prendre part, au sommet Africa Forward, une sorte de renaissance de la France-Afrique. Un sommet qui risque d’être un vrai piège pour Moroni à en croire le site Africaintelligence, « Moroni craint que la question de Mayotte ne soit soulevée lors du sommet Africa Forward. » Pour cette petite escapade kenyane, n’aurait-il pas été utile et symbolique d’envoyer le chef de la diplomatie avec une délégation réduite. Outre la dizaine de personne qui a accompagné le chef de l’Etat, une demi-douzaine de techniciens du ministère des affaires étrangères avait été dépêchée en advance team pour préparer le terrain en attendant, l’arrivée du chef de l’Etat et sa suite.
Imtiyaz
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