La troisième réunion du comité de pilotage du Programme régional de sécurité alimentaire et de nutrition (PRESAN) de la Commission de l’océan Indien (COI) s’est tenue la semaine dernière à La Réunion en amont de la seconde conférence régionale sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle organisée dans le cadre de la Foire agricole de Bras-Panon, dont le thème « Produire et consommer péï » s’inscrit dans la philosophie du PRESAN.
Lors de cette réunion du Comité de pilotage, l’équipe de l’Unité régionale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (URSAN) de la COI, basée à Antananarivo, a présenté les avancées du PRESAN. Parmi les points discutés, figurent les résultats des études sur les chaînes de valeurs qui établissent un diagnostic des avantages comparatifs de production, transformation et commercialisation de denrées alimentaires dans chacun des États membres de la COI et cela dans la perspective d’une dynamisation des échanges agroalimentaires au niveau régional. « Il ressort de ces études un potentiel concret d’échanges inter-îles de nature à renforcer le commerce régional et, par effet de levier, à abaisser la facture des importations lointaines, à réduire l’empreinte carbone de notre dépendance alimentaire, et surtout à valoriser des filières nationales », montre Hamada Madi, le secrétaire général de la COI dans un communiqué de la COI.
« Concrètement, Madagascar a la capacité de répondre aux besoins des autres îles en riz, maïs et bovins, entre autres. Pour Maurice, c’est sa filière avicole bien développée qui pourrait trouver des débouchés supplémentaires aux Comores, aux Seychelles et à La Réunion en même temps qu’elle nécessite un approvisionnement stable, compétitif et pérenne en céréales. Les importations d’oignons de l’Inde ou d’autres contrées lointaines pourraient être largement remplacées par la production malgache et réunionnaise. Aux Comores, le cheptel ovin et caprin constitue une ressource pouvant intéresser les marchés mauricien, seychellois et réunionnais. Enfin, la production halieutique des Seychelles pourrait trouver une place privilégiée sur les étals de la région au-delà de la seule industrie thonière », a détaillé le Secrétaire général de la COI.
Ces premières études diagnostics devront être approfondies et complétées notamment par un panorama des législations et des moyens entourant les normes phytosanitaires. A cela s’ajoute une réflexion sur la collecte et le partage des données agroalimentaires et sur les moyens de promouvoir les opportunités dans le secteur agroalimentaire dans chacun des territoires afin d’impliquer davantage encore les opérateurs privés et partenaires du développement pour une meilleure appropriation du PRESAN.
Pour Patrice Talla, Représentant de la FAO pour les îles de l’Indianocéanie montre que « les défis posés par ce programme sont énormes, et nous devons nous atteler à mettre en œuvre cette approche innovante dans la manière d’envisager les interventions pour atteindre de meilleurs résultats. Les perspectives que nous devons construire reposent sur l’amélioration de notre façon de travailler, autant au niveau de chaque pays membre de la COI, qu’au niveau régional pour un effort collectif pour l’Indianocéanie ». A la suite de cette rencontre, les membres du Comité de pilotage ont participé à la seconde Conférence régionale sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle organisée dans le cadre de la Foire agricole de Bras-Panon, évènement international qui fête cette année ses cinquante ans.
Ibnou M. Abdou
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