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des Comores

Comores, risque de surendettement très élevé

Comores, risque de surendettement très élevé © : HZK-LGDC

Dans le cadre de la deuxième revue du programme de référence, les experts du FMI ont fait des études poussées sur la viabilité de la dette comorienne et les résultats sont sans concession. La courbe de surendettement reste très élevée. Des efforts sur le plan macro-économique doivent être faits pour éviter que les agrégats économiques ne s’effondrent et compromettent le devenir du pays. Toutefois, des signaux positifs existent pour éviter une banqueroute.


C’est en tout cas le point de vue des experts du Fonds Monétaire International sur l’analyse de la viabilité de la dette comorienne. « La dette extérieure totale des Comores est viable mais le pays demeure en risque élevé de surendettement. Les dépassements des seuils de viabilité de la dette extérieure sont limités, tandis que les indicateurs du service de la dette devraient s’améliorer progressivement sur l’horizon des prévisions. Parmi les autres facteurs qui atténuent les signaux de risque mécaniques figurent le programme de réformes économiques des autorités, qui sera soutenu par un possible accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) du FMI, et les performances constamment solides des envois de fonds qui renforce la viabilité extérieure », peut-on lire dans le mémorandum de politiques économiques et financières qui a précédé justement l’aval du Conseil d’Administration (CA) a l’octroi du prêt de 43 millions de dollars à l’Etat comorien.

Avec ce prêt, cela veut dire que désormais le pays est soumis au respect de l’orthodoxie financière, plus particulièrement dans le cadrage macro-budgétaire avec un travail de suivi et d’évaluation pour éviter tout risque de dépassement avec des zones de risque très élevées sur les dépenses de salaires ou en matière d’investissement. C’est pourquoi, dans le cadre du programme FEC, les autorités comoriennes demandent un appui constat pour réduire le risque en accroissant plus rapidement les ressources intérieures et en procédant à un rééquilibrage budgétaire progressif mais durable à moyen terme, en évitant de contracter de nouveaux prêts non concessionnels, en renforçant la surveillance financière des entreprises publiques et en mettant en œuvre des réformes pour dynamiser la croissance » continue l’analyse du FMI. Apres dix ans d’absence dans l’assistance structurelle, le retour du FMI à travers ce nouveau programme (FEC), ressemble à s’y méprendre à une opération sauvetage.

A en croire ce document (MPEF) de référence, les autorités comoriennes sont déterminés à inverser la courbe en suivant les recommandations avec l’assistance du FMI. « Elles réaffirment leur détermination à coopérer avec les services du FMI dans le contexte d’un nouveau programme après le programme de référence pour faire avancer les projets de réformes budgétaires et autres réformes structurelles » avec des nouveaux programmes d’assistances auxquels le pays espère être éligible.

Avant, le pays doit revoir sa politique fiscale en augmentant l’assiette qui n’existe réellement qu’à Moroni. La direction générale des impôts doit étendre son territoire de recouvrement pour éviter à l’Etat de vivre une pression budgétaire chaque mois pour le bouclage des salaires des fonctionnaires. « Nous reconnaissons que les recettes fiscales des Comores sont les plus faibles parmi tous les petits États insulaires, et nous nous engageons à augmenter régulièrement les recettes au fil du temps pour permettre un investissement public plus élevé dans le capital humain et physique. Nous continuerons à travailler au renforcement de l'administration et des politiques fiscales et douanières. Nos efforts ont déjà commencé à porter leurs fruits, avec des gains de 1,1% du PIB en 2021 » comme écrit dans le mémorandum dans la partie (C) consacrée aux objectifs et politiques du gouvernement en matière de réformes budgétaires structurelles.

L’assainissement passe aussi par le sérieux des chiffres donnés par les services de l’Etat qui n’hésitent pas parfois à surenchérir voir gonfler ces derniers pour des raisons multiples liées souvent à de la propagande politique, rattrapées par la patrouille, les autorités ont été obligées de faire amande honorable. « Le gouvernement reconnaît que les données économiques des Comores présentent de sérieuses lacunes dans presque tous les secteurs qui entravent l'analyse économique ainsi que la formulation et la mise en œuvre des politiques. Le gouvernement s'engage à garantir que l'INSEED disposera de ressources humaines et financières suffisantes pour collecter des données sur les prix en temps voulu et mettre à jour les comptes nationaux » comme on peut le lire dans le dernier (20) point du mémorandum de politiques économiques et financières.

AS Badraoui

 

 

 

 

 

 


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