L’Union des chambres de commerce (UCCIA) a lancé, mercredi 29 octobre à Moroni, le Réseau Entreprises Résilientes des Comores. Cette initiative, soutenue par le projet régional de Cap Business Océan Indien et financée par le Critical Ecosystem Partnership Fund (CEPF), vise à accompagner les entreprises dans l’adaptation aux changements climatiques en s’appuyant sur la biodiversité et les écosystèmes.
Le Réseau Entreprises Résilientes des Comores a été officiellement lancé le 29 octobre à l’hôtel Retaj, à Moroni. Organisée les 29 et 30 octobre, cette rencontre constitue la première action structurante du Plan d’action Climat et Biodiversité de l’institution. L’initiative s’inscrit dans le cadre du projet régional « Strengthening Private Sector Engagement in Ecosystem-Based Adaptation », mis en œuvre par Cap Business Océan Indien avec le soutien du CEPF aux Comores, à Madagascar, à Maurice et aux Seychelles. Dans ce cadre, l’UCCIA a bénéficié d’un programme de renforcement des capacités consacré à l’adaptation fondée sur les écosystèmes (EbA), à la biodiversité et à la résilience. Cet accompagnement a notamment permis l’élaboration d’une stratégie EbA et d’un plan d’action. La cérémonie d’ouverture a été marquée par les interventions de Souzanah Chahiba, ingénieure agro-environnementale et cheffe de projet EbA à Cap Business Océan Indien, et d’En-Chat Saïd Mohamed Seouf, chargée de la coopération internationale de l’UCCIA et point focal de Cap Business Océan Indien.
D’emblée, Souzanah Chahiba a tenu à préciser les contours de l’adaptation fondée sur les écosystèmes. Toutes les initiatives en faveur de l’environnement ne relèvent pas nécessairement de l’EbA. Pour être reconnue comme telle, une action doit répondre à quatre critères cumulatifs : répondre à un enjeu climatique, mobiliser un écosystème ou les services qu’il fournit, bénéficier aux populations et aux activités exposées aux risques, et s’inscrire dans une stratégie d’adaptation plus large. De son côté, En-Chat Saïd Mohamed Seouf a insisté sur la nécessité d’articuler climat, biodiversité et résilience, tout en tenant compte de la place des femmes entrepreneures et des inégalités face aux risques climatiques. La démarche repose notamment sur une évaluation régionale menée selon le principe « écouter avant d’agir ». Au total, 23 entretiens et 31 questionnaires ont été réalisés auprès d’acteurs concernés par l’adaptation fondée sur les écosystèmes. Le constat qui en ressort est celui d’un savoir déjà présent dans la région, mais dont la traduction en décisions concrètes au sein des entreprises demeure insuffisante.
Pour combler cet écart, quatre leviers ont été définis : comprendre, grâce à l’évaluation régionale ; former, à travers des programmes destinés aux territoires et aux chambres consulaires ; rapprocher, en développant un réseau régional entre les acteurs scientifiques et les entreprises ; et ancrer, en accompagnant les chambres de commerce dans l’intégration de l’EbA à leurs services. Pour l’UCCIA, cette démarche se décline en trois axes prioritaires. Le premier porte sur le renforcement de la gouvernance et du positionnement institutionnel, notamment à travers une gouvernance interne adaptée, la désignation de points focaux, la mobilisation de financements et le développement de partenariats techniques et scientifiques.
Le deuxième vise à développer une culture économique de la résilience grâce à la sensibilisation, à la mise en place du Réseau Entreprises Résilientes et à la valorisation des initiatives existantes. Le troisième consiste à renforcer les services proposés aux entreprises, notamment par la création d’outils pratiques, la mise en place de parcours d’accompagnement et la réalisation de diagnostics auprès d’entreprises pilotes.
Le réseau a vocation à fédérer les entreprises comoriennes et l’ensemble des acteurs susceptibles de les accompagner : chambres de commerce insulaires, ministères, Université des Comores, organisations non gouvernementales, gestionnaires d’aires protégées, banques, institutions financières, partenaires techniques et scientifiques, ainsi que le réseau RIT, porté par l’UICN NL et FORENA. La rencontre doit se poursuivre ce vendredi 30 octobre avec la construction collective et la validation de la Charte des Entreprises Résilientes. Cette étape doit contribuer à donner un cadre commun aux engagements des acteurs.
El-Aniou Fatima
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