La Gazette

des Comores

Assurances : Une réforme pour structurer un secteur encore fragile

Assurances :  Une réforme pour structurer un secteur encore fragile © : HZK-LGDC

Un atelier national consacré à la validation du cadre légal et réglementaire du secteur des assurances s’est tenu le lundi 30 mars dernier à la Banque Centrale des Comores, réunissant autorités publiques, acteurs du secteur et partenaires techniques, dont le Programme des Nations Unies pour le développement.


À l’ouverture des travaux, le Représentant résident du PNUD, Luca Monge Roffarello, a souligné les enjeux de cette réforme dans un contexte marqué par des vulnérabilités croissantes : « Aujourd’hui, face à des chocs climatiques de plus en plus fréquents et à une vulnérabilité économique persistante, une grande partie de la population reste sans mécanismes de protection adaptés. » Pour le Représentant Résident du PNUD, le développement de l’assurance dépasse la seule dimension économique : « L’assurance est avant tout un outil de protection des vies et des moyens de subsistance. » Du côté des autorités, le constat est partagé. Le Gouverneur de la Banque Centrale Younoussa Ben Imani a rappelé que « le secteur des assurances est resté insuffisamment structuré, faiblement supervisé et peu adapté aux réalités actuelles », appelant à une réforme en profondeur. Cette dynamique vise notamment à moderniser le cadre juridique, structurer le marché et renforcer les mécanismes de supervision, dans une logique de protection accrue des assurés.

Les travaux présentés lors de l’atelier s’appuient sur les propositions techniques du CISCO CONSULTING, en consortium avec d’autres partenaires. Celles-ci prévoient l’élaboration progressive d’un Code des assurances structuré, intégrant des dimensions essentielles telles que la microassurance, l’assurance agricole et la couverture des risques climatiques. Selon Luca, cette réforme répond à un objectif clair : « Il s’agit d’organiser le marché, de clarifier les règles et de mieux protéger les assurés, notamment les plus vulnérables. » Les interventions ont également mis en lumière les conséquences concrètes de l’absence de mécanismes adaptés. « Les inondations récentes dans les régions de Hambou et de Bambao, ainsi que les cyclones ayant affecté nos îles, ont durement touché les ménages, les agriculteurs, les pêcheurs et les petites entreprises », a rappelé Luca Monge Roffarello.

Dans ce contexte, il a insisté sur le rôle stratégique de l’assurance : « Elle permet d’amortir les chocs, de sécuriser les investissements et de soutenir la reprise économique. » Au-delà des principes, la réforme prévoit un renforcement de la gouvernance, du contrôle interne et des mécanismes de supervision, avec un rôle central confié à la Banque Centrale. Pour les autorités comme pour les partenaires, l’enjeu est également de construire une vision partagée. « Il ne s’agit pas simplement de valider des textes », a souligné le Représentant résident du PNUD. « Il s’agit de construire une vision commune, de favoriser l’appropriation par l’ensemble des acteurs et de poser les bases d’une mise en œuvre efficace et durable. »

À travers cet atelier, les acteurs du secteur entendent poser les fondations d’un système plus crédible et plus inclusif. « Le succès de cette réforme dépendra de la qualité de nos échanges, de la clarté de nos orientations et, surtout, de notre engagement collectif », a conclu Luca Monge Roffarello. Les travaux engagés devraient ainsi permettre de faire évoluer progressivement le secteur vers un cadre plus structuré, au service de la résilience des populations et du développement économique du pays.

 El-Aniou Fatima

 

 

 


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