La Gazette

des Comores

The Cultural: Fake Wedding Zifafa et baskets

The Cultural: Fake Wedding Zifafa et baskets © : HZK-LGDC

Dans l’euphorie des festivités autour de l’Aïd el-Fitr 2026, Moroni, à travers sa jeunesse, innove. Entre 16h00 et 20h00, quelque 200 personnes se sont réunies, dimanche 22 mars au Retaj, pour célébrer un mariage pas comme les autres…


Baptisé The Cultural Fake Wedding (CFW), comprenez « Le faux mariage traditionnel », l’évènement a été pensé, organisé et joué par des jeunes et pour des jeunes. Objectif : transmettre, expliquer et surtout faire vivre les codes du Anda na Mila, à travers une mise en scène fidèle mais accessible. Une initiative qui intervient alors que les Zifafa font leur entrée au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. « C’était comme un vrai mariage mais au lieu que ce soit des adultes, c’étaient des ados qui participaient. Et sur scène, une fille expliquait comment s’appelait telle cérémonie, à quoi elle servait (…) C’était bien. Nous, on faisait partie des invités. On a dansé, on a mangé aussi ! (rires) », s’est réjouie Isma, 13 ans, vêtue de sa plus belle robe. Il faut dire que le public comme les acteurs ont joué le jeu. Entrée du bwana harusi entouré de son clan, dot brandie et troupe à l’avant. Tout était pensé comme un vrai mariage, jusqu’au discours du mdjomba wulozo, huilé et un brin taquin, qui a déclenché rires et applaudissements dans la salle.

À l’origine du projet, Zaahir Ali Himidi, 20 ans, étudiant en Licence de gestion des entreprises. « Je voulais créer un évènement qui ancre notre identité culturelle chez les jeunes. On a une richesse incroyable, mais aussi un vrai manque de divertissement. Ce projet est né de ça, et de ma passion pour le Anda Na Mila », explique-t-il. Habitué des initiatives culturelles, le jeune organisateur enchaîne les projets depuis près de trois ans à travers sa structure, Lil’Z Events. Un engagement salué par plusieurs acteurs présents. « Ce que vous faites mérite d’être encouragé. Qui d’autre que vous, jeunes Comoriens, pour valoriser nos traditions ? », a souligné Abdoulanziz Koudra, président du CASM, (centre d'Animation Socio-culturelle de Mtsangani). Issu d’un environnement déjà tourné vers l’évènementiel, Zaahir, dont les deux parents sont des entrepreneurs chevronnés, revendique un parcours presque évident.

« J’ai grandi dans cet univers, notamment grâce à mon père, Himidi Ali Abdallah, acteur dans ce domaine depuis près de 15 ans », confie-t-il, évoquant également son attachement au Groupe Scolaire Fundi Abdoulhamid, son ancienne école, dont plusieurs élèves ont participé à la mise en scène. Soutenu par différents partenaires dont le CASM, Pom Event, CCLB ou encore NexArt Photography, le projet a mobilisé une jeunesse engagée, âgée de 6 à 20 ans, venue célébrer, apprendre et s’approprier. Car sous les tenues traditionnelles soigneusement portées, un détail détonnait parfois : des baskets neuves et fringantes ! Une image simple presque anodine, témoin d’une tradition rejouée, réappropriée et peut-être même déjà transformée…

Sanaa Chouzour

 


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