Jeudi dernier, la convention entre la mairie de Moroni et la Fondation ALIPH pour la sauvegarde et la valorisation des sultanats historiques des médinas des Comores a été signée sur la place de Babadjani. La signature s’est déroulée devant les autorités locales, l'ambassadeur de France, le gouvernement, les acteurs du patrimoine, les médias et le directeur de la CNDRS.
Dans son discours, le maire de Moroni a rappelé l’urgence de protéger les médinas et les sultanats, éléments clés de l’identité urbaine et culturelle de Ngazidja. Il a insisté sur la responsabilité des collectivités locales face à la dégradation de certains édifices et à la nécessité de transmettre les savoir-faire aux jeunes générations. Deux conventions ont été signées à Moroni en faveur du patrimoine comorien. La première, conclue entre Valéry Freland, directeur exécutif de la fondation ALIPH, et le maire de Moroni, porte sur la sauvegarde et la valorisation des sultanats historiques des médinas des Comores. À cette occasion, le maire a souligné l'urgence d'intervenir sur les édifices menacés de dégradation ainsi que la nécessité de renforcer la formation des artisans locaux. De son côté, Valéry Freland a salué la qualité du dossier présenté par les Comores et a réaffirmé l'engagement d'ALIPH à soutenir financièrement les travaux de restauration et la transmission des savoir-faire traditionnels.
Dans la foulée, une seconde convention a été signée entre le président de la Commission nationale de l’UNESCO auprès des Comores et l’ambassadeur de France aux Comores. Cet accord consacre le volet de coopération internationale en faveur de l’inscription des médinas comoriennes au patrimoine mondial et confirme l’appui technique et institutionnel de la France. Ces deux signatures marquent officiellement le lancement de la phase opérationnelle du projet, qui prévoit la réalisation de diagnostics des édifices, la sécurisation des structures les plus fragiles ainsi que la création d’une école des métiers destinée à assurer la transmission des savoir-faire traditionnels. Prenant la parole, l’ambassadeur de France, Étienne Chapon, a réaffirmé l’engagement de son pays à accompagner, sur les plans technique et financier, les projets de sauvegarde et de valorisation des médinas retenues à Moroni.
À sa suite, Valéry Freland, représentant de la Fondation ALIPH, a souligné la cohérence du dossier comorien avec la mission de la Fondation. Il a rappelé qu’ALIPH intervient dans des contextes où le patrimoine est menacé et où les communautés locales s’engagent elles-mêmes dans sa préservation. Il a salué la qualité du travail accompli par la mairie de Moroni et ses partenaires dans l’élaboration du dossier d’inscription des sultanats historiques des médinas. Pour la Fondation ALIPH, l’enjeu est double : protéger les structures les plus vulnérables tout en renforçant les compétences locales afin que la conservation du patrimoine ne dépende pas exclusivement d’un soutien extérieur. Valéry Freland a également insisté sur la dimension humaine du projet, qui vise à redonner aux artisans fierté et autonomie, à valoriser la beauté de leurs métiers et à offrir de nouvelles perspectives d’avenir dans le contexte social comorien.
El-Aniou Fatima
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